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Dossier no 15 - 2022

Une nouvelle rampe à patins haut de gamme adaptée au relief


Un couteau suisse. Voici comment Agrar Landtechnik SA a choisi de qualifier sa dernière rampe pendillard à patins SSV. Pour sa précision? «Sa polyvalence», rectifie Jérôme Kolly, responsable commercial de la firme pour la Suisse romande. Selon lui, ce nouveau matériel a l’avantage de s’adapter encore mieux à un relief de sol accidenté ou certaines pentes. «La mobilité individuelle de ses bras permet une oscillation transversale indépendante de chaque côté. S’il fallait imager, elle se comporte un peu comme un papillon», poursuit le responsable. Autre spécificité: sa tête de coupe, (tête de distribution avec auto-affûtage) est placée sur le dessus de la machine et permet, dès lors, un débit plus précis.

Roues de jauge réglables
Lorsqu’on évoque la technologie de la rampe à patins, il est important de veiller à ce que le châssis intègre un mécanisme efficace pour le suivi du terrain, afin que les sabots restent constamment au sol. La rampe SSV répond à cette exigence, avec une pression d’environ 8 à 10 kg par socle. «Le vérin hydraulique placé sur les bras ne sert pas seulement au dépliement. Il peut soit délester, soit renforcer la pression, ce qui maintient les patins collés au sol. Deux roues de jauge placées sous les bras, dont la hauteur est réglable, permettent aussi d’ajuster l’appui au sol s’il était nécessaire de travailler en conditions plus humides ou délicates», poursuit Jérôme Kolly. Les patins sont en fonte, munis de cônes diffuseurs en caoutchouc. Ils sont guidés par des plaques en acier à ressort trempé. «On parle ici d’un matériel haut de gamme.»

Pertes mesurées
Selon la littérature technique, les rampes à patins procurent de bons débits de chantier et ont le vent en poupe, «surtout en vue de la gestion des prairies», précise Jérôme Kolly. Les patins affichent par exemple des niveaux de pertes par volatilisation allant de 10 à 15% de l’azote ammoniacal, selon le magazine Technique agricole.
Quant à la fiche technique d’Agridea «Techniques d’épandage diminuant les émissions», elle fait état d’une réduction des émissions par rapport à une bossette à déflecteur de 30 à 60%, ceci, toujours selon les auteurs, en générant moins de salissures du fourrage. Un argument que Jérôme Kolly tempère: «Les souillures existent aussi avec les patins. Elles sont liées surtout à des pratiques inadaptées.» Enfin, les patins augmentent le coût d’une rampe et son poids.

Les prix soumis aux aléas du marché
«Un pendillard de 9 mètres pèse environ 700 kilos. Avec les patins, il faut rajouter près de 300 kilos supplémentaires», poursuit Jérôme Kolly. Ses rampes, déclinées avec une envergure de 7,5 m ou de 9 m, se montent également sur des anciennes bossettes. Quant au prix, difficile d’articuler un chiffre, tant il peut varier selon les options et les aléas du marché.

Au 6 avril 2022, une rampe à patins SSV de 9 mètres vaut 30 500 francs (prix catalogue). Le nouveau contexte mondial fait planer l’incertitude sur l’ensemble du marché de la machine agricole. «Nos rampes sont développées et assemblées en Suisse. Mais nous sommes liés à la fourniture de certains composants d’origine étrangère.» Selon le responsable, les rampes SSV répondent aux normes imposées par l’Ordonnance sur la protection de l’air et sont homologuées pour la circulation routière.
Pour l’instant, seules quelques machines de ce modèle ont été livrées outre-Sarine, dans les Grisons notamment et les premières rampes SSV à destination de la Romandie vont arriver ces prochains mois.
 
En espérant donc bientôt des retours concrets de la pratique, quelle est la durée de vie espérée de ce matériel? «C’est tellement lié à l’utilisation que je ne me prononcerai pas. On préconise un rinçage à l’eau après utilisation, avec un graissage de l’entier de la rampe. Bien que cela ne soit pas toujours possible, il vaut mieux ranger la machine dans le but d’éviter une dégradation trop rapide des pièces en plastique. Quant à la vidange par ouverture de la vanne du compartiment à corps étrangers, elle est aussi nécessaire après chaque utilisation.»
 
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Valoriser le lisier avec exactitude
La valeur ajoutée d’un lisier ne peut être correctement évaluée que lorsque les nutriments qu’il contient peuvent être déterminés avec précision. La spectroscopie proche infrarouge (capteurs NIR) permet, malgré un lisier hétérogène, de procéder à des applications dosées, au même titre qu’un épandeur d’engrais. Le capteur mesure tout au long de l’épandage les teneurs du lisier, avant même son contact avec le sol. Sur certains appareils, il est possible non seulement de définir la quantité d’un nutriment, mais encore d’en limiter un deuxième ou de travailler à partir d’une carte.

Une technologie à la portée de tous? «Certains entrepreneurs en ont acquis et leur retour n’est pas si enthousiaste», explique Bernhard Läubli, de Bucher Lantechnick AG, qui s’est intéressé à la question. Selon lui, les capteurs NIR, plus souvent utilisés pour mesurer les valeurs des ensilages, «sont difficiles à adapter pour plusieurs usages et leur prix reste, pour l’instant, peu abordable». Si l’installation d’un capteur coûte au moins 20 000 francs (d’autres articulent 10 000 francs supplémentaires), il faudra ajouter à ce prix la valeur des licences, des mises à jour et des frais d’hébergement des données. «De plus, il faut que l’appareil soit calibré.» Pourtant, selon lui, la technique est prête. «Une contribution à l’efficience des ressour-ces profiterait à l’émergence de cette technologie.». Quant à Olivier Waber, de l’entreprise de travaux agricoles éponyme, à Pompaples (VD), il est un utilisateur convaincu du capteur NIR pour l’ensilage. Bien qu’il en perçoive le potentiel, pour lui, le matériel est encore trop cher pour le lisier.

«Une trentaine de capteurs Harvest Lab 3000 de John Deere et Zeiss sont en service en Suisse, dont un tiers complètement activés: sur l’ensileuse, sur des postes fixes pour le fourrage et les céréales et pour l’analyse de lisier», explique Raphaël Charrotton, de Robert Aebi Landtechnik SA, à Chavornay (VD). Le Harvest Lab 3000 mesure la matière sèche, l’azote total, l’azote ammoniacal, le potassium, le phosphate, le volume et la masse du lisier.
 
 
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Pas d’homologation possible
L’obligation d’utiliser des techniques limitant les émissions fait l’objet d’une question épineuse revenue sur le devant de la scène lors de l’assemblée de l’Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture (ASETA), le 1er avril, à Morat (FR). En effet, l’association se trouve régulièrement confrontée à des questions de membres quant à la conformité des machines actuellement commercialisées.

Comment certifier que celles-ci répondent aux exigences de l’Ordonnance sur la protection de l’air (OPair) et que des investissements conséquents consentis, tant pour les agriculteurs que les agroentrepreneurs soient garantis?

L’aide à l’exécution suffirait
En janvier dernier, l’ASETA s’est donc adressée aux autorités fédérales pour obtenir plus d’informations. La réponse est tombée mi-mars: il n’existe pas de reconnaissance fédérale en tant que telle, aussi dans le but de ne pas freiner l’innovation. L’aide à l’exécution a été produite et l’application est à la charge des Cantons, avec le soutien technique d’Agroscope et la coordination de la Conférence suisse des services de l’agriculture cantonaux. Le courrier rappelle les points cités dans l’aide à l’exécution, lesquels définissent les pendillards:  
Le lisier ou le produit méthanisé liquide sont déposés directement à la surface du sol, ils s’écoulent des tuyaux souples au sol sans pression et aucune éclaboussure susceptible de polluer de grandes surfaces n’est produite. Au maximum, 20% de la surface du sol est traitée par le rejet direct et, à l’intérieur des surfaces traitées, la précision d’épandage présente un coefficient de variation de 15% au maximum.

Deux rampes suisses posent problème
Des règles qui peuvent, dans certains cas, s’interpréter. «Prenons, par exemple, les 20% de surface au sol traitée. Quelle est la vitesse d’épandage admise?», questionne un professionnel. Le 6 avril dernier, l’ASETA remet l’ouvrage sur le métier et interpelle à nouveau les autorités fédérales. «Des doutes planent sur deux techniques développées en Suisse», indiquent ses dirigeants. «En outre, des dépliants cantonaux précisent que les machines doivent certifier répondre aux exigences de l’Opair, mais personne ne dispose d’un mandat pour les évaluations, même pas Agroscope, bien que cela ait été préalablement évoqué.»
 
Agriculture et environnement
L’affaire est donc au point mort. L’ASETA a prévu de contacter rapidement tous les offices cantonaux de l’environnement et de l’agriculture, dont certains ont déjà communiqué sur l’acceptation de certains systèmes problématiques. «Si nous étions désignés, nous pourrions relever le défi», explique Roman Engeler, directeur de l’ASETA, dont l’association est déjà en charge, sur mandat de l’Office fédéral de l’agriculture, des contrôles officiels des pulvérisateurs. Pour rappel, après avoir été fixée au 1er janvier 2022, l’entrée en vigueur de l’obligation de l’utilisation de techniques limitant les émissions (pendillards) est prévue au 1er janvier 2024.
Martine Romanens, avril 2022

 



 

 

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