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Une révolution nommée tunnel


Le FiBL et Agroscope supervisent une culture d’abricots sous serre en Argovie. La technique offre des perspectives intéressantes, notamment pour la culture bio.


Abricotiers


«Deux arboriculteurs argoviens plantent 600 abricotiers sous tunnels plastiques. Seengen et Egliswil accueillent ainsi la plus grande culture d'abricots sous serre de Suisse.» La nouvelle de l'ATS, parue fin août, a fait réagir certains producteurs du fruit orange, notamment en Valais. Le point sur cette technique supervisée par le FiBL (Institut de recherche en agriculture biologique) de Frick (AG) et l'Agroscope de Conthey (VS).

«Une année bonne, l'autre mauvaise, le but principal de la culture sous tunnel est d'atténuer ces amplitudes», explique Patrick Stefani, conseiller arboricole au FiBL. La lutte contre la moniliose et la bactériose, par exemple, va en être grandement facilitée. Pour Danilo Christen, responsable du Groupe de recherche en arboriculture de l'Agroscope de Conthey, c'est l'agent pathogène Pseudomonas, responsable du chancre bactérien, qui sera le grand vaincu de cette technique: «Baisse impressionnante des infections, certainement due à l'absence de sol engorgé en hiver». La moniliose sur fleur semble aussi plus facile à gérer. Gagnante aussi sera la lutte contre les gelées printanières.
 
En revanche, on admet le risque de montée des ravageurs qui pourront profiter de cet enclos privilégié. « Pucerons, thrips, cochenilles et tordeuses de la pelure... une augmentation de pression de ces ravageurs ne peut être exclue; l'expérience pratique nous dira dans quelle mesure elle se manifestera», s'autorisent les chercheurs, tout en précisant que cela restera bien gérable, même en bio.

Coûts de production

Avec des tunnels longs de 120 mètres et larges de 9 mètres, l'investissement a été de 50 000 francs pour chacun des deux producteurs. Ainsi, les coûts de production s'en trouvent augmentés. Sans qu'il y ait forcément une différence dans le prix de vente. «Pour le producteur, les coûts de production augmentent, mais la production étant plus stable et sécurisée, cela entraîne une augmentation du rendement par hectare s'avise-t-on du côté de Frick. On reste plus sceptique à Conthey: «le coût est fortement augmenté (20 francs par m2), c’est pour cette raison que ce genre de système n’est possible qu’avec de la vente directe». Après quelques années seulement, il sera possible de sortir du flou régnant à ce niveau et il sera sans doute possible de sortir de la vente directe grâce à une économie d'échelle et une qualité bio. Actuellement, seule une partie minime se destine aux techniques de production biologique.

Ecobilan et alternatives
L'écobilan se présente sous de belles dispositions quant aux maladies et à la lutte contre le gel. Le point faible reste l'impact sur le paysage. Les discussions vont bon train au sein des municipalités. Si certaines ne sourcillent pas trop, d'autres aimeraient limiter cette exposition brillante de film plastique sur la moitié de l'année, voire n'en veulent point. Les spécialistes rappellent que le tunnel n'est pas la seule façon d'améliorer la culture des abricots.
 
Agroscope, ainsi que d'autres centres de recherche, suivent aussi la piste des variétés résistantes, permettant une bonne productivité même à découvert. Exemple: les toutes récentes variétés Mia et Lisa, résistantes à la bactériose et à la moniliose, permettent déjà de couvrir une bonne partie de la saison de production. Le problème de Pseudomonas pourrait aussi être freiné en surélevant le point de greffe. La bactérie pénètre par les plaies de la partie inférieure de la plante, transportée par des éclaboussures de pluie. Placer la variété à au moins 60 cm du sol réduit le risque d’infection.

Marché, régions et avenir
«Le savoir-faire valaisan sur les abricotiers, une culture typiquement valaisanne, s’exporte en Argovie. Vraiment, beaucoup de producteurs n’y comprennent plus rien à notre système agricole. Cette région alémanique pourrait s’occuper d’autres cultures qui sont mieux adaptées à leur climat. Dans quelques années, il y aura une surabondance d’abricots sur le marché suisse. Nos abricotiers en plein vent et au soleil du Valais en seront les premières victimes» pouvait-on lire dans l'édition du 28 août du Nouvelliste du Valais.
 
Pas de risque pour le Vieux Pays rassure Danilo Christen à Conthey. Argovie, quatrième canton producteur d'abricots en Suisse vise, à long terme, une superficie abricotière de 10 ha; des clopinettes eu égard aux 700 ha d'abricoteraies valaisannes ! Tandis que ce canton bilingue en produit environ 7 millions de kg, on en importe une quantité équivalente. La meilleure rentabilité induite par la culture sous plastique incite à penser que le nombre d'exploitations biologiques pourra augmenter, avec une part majeure de fruits vendue en direct et une autre absorbée par le marché de gros. Pas de risque de saturation du marché, mais de belles perspectives de prendre le relais des importations et de proposer une nouvelle gamme de cultivars.
Bernard Messerli, 26 octobre 2018

 

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