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«En tant que prestataire de services, nous repérons les besoins des paysans»


Maschinenring Schweiz, ou Cercle de machines Suisse, fête ses 20 ans. Découverte de cette association qui est en train de s’ancrer en Romandie avec son gérant, Fabian Brühwiler.


Fabian Brühwiler


Durant ces deux décennies, qu’est-ce qu’a apporté Maschinenring Schweiz (MR Schweiz) à l’agriculture suisse?
Cela diffère considérablement selon les régions. MR Schweiz rassemble les différentes organisations régionales, toutes indépendantes, et les aide à se renforcer. La faîtière a sans doute contribué à intensifier la collaboration entre les différents cercles. Elle a aussi ouvert la porte aux agriculteurs vers des revenus accessoires.

Comment se présente aujourd’hui l’association?
MR Schweiz couvre 6800 exploitations agricoles, réparties dans 13 cercles régionaux. Tous les cercles actifs en Suisse sont membres de la faîtière, à l’exception de Maschinenring Schaffhouse. Les plus grands réunissent en leur sein plus d’un millier de membres. Les structures plus petites comptent quant à elles une centaine d’adhérents. Les tarifs varient selon l’ampleur du cercle et la région dans laquelle il se situe. La fourchette s’étend entre 60 et 150 francs par année environ.

Les cercles de machines ont généré de l’emploi. Pouvez-vous en dire davantage?
Sur l’ensemble des 13 cercles, les tâches de gérance occupent 55 personnes. Côté dépannage agricole et aide au ménage, nous avons plus de 450 personnes. A ceci s’ajoutent quelques centaines de membres qui effectuent des prestations au nom de MR Schweiz. A noter qu’en soi, Maschinenring Schweiz n’a presque aucun collaborateur. Les tâches sont assurées par le personnel interne aux différents cercles.

Un objectif de l’association est de prévenir la surmécanisation des exploitations. Quelle est la situation actuelle dans les différents cercles?
Certains cercles y parviennent, à l’image de Maschinenring Zuger Berggebiet, mais ce n’est pas le cas partout. Il faut dire que cette volonté prévaut en Allemagne et en Autriche, là où sont nés les premiers cercles il y a près de soixante ans. Ces entités se sont construites au fil du développement de la mécanisation. Les premiers cercles suisses ont été fondés relativement tard en comparaison, puisqu’ils n’ont guère plus de vingt ans. Lors de leur fondation, les motivations étaient différentes. A l’heure actuelle, selon les régions, des entreprises de travaux agricoles sont bien établies. De plus, il apparaît que certains paysans ont à cœur de ne pas devenir dépendants en matière de machines.

A qui appartiennent les machines mises à disposition dans le cadre des cercles?
Elles sont en propriété des agriculteurs membres. C’est ce qui distingue les cercles de machines des communautés de machines (Cauma), fréquentes en Romandie. Au chapitre des différences, les activités d’une Cauma se limitent au matériel mécanique. Malgré leur nom, ce n’est pas le cas des cercles de machines. En tant que prestataires de services, nous repérons les besoins du secteur agricole – qui peuvent être très différents selon les régions – et nous essayons de proposer le service approprié. Via notamment la diversification des exploitations, nous visons à améliorer les revenus de la branche.

Quelles sont les possibilités de revenu annexe qui sont proposées?
MR Schweiz a conclu des contrats d’envergure nationale pour le déneigement et l’entretien des espaces. Cela fait sans doute de nous le plus grand prestataire du pays en la matière. Nous avons plusieurs grands clients, parmi lesquels la Confédération et des entreprises ferroviaires. Les cercles régionaux coordonnent la conduite des travaux en répartissant les tâches entre les agriculteurs qui souhaitent s’investir à l’extérieur de leur exploitation. Ces derniers doivent disposer de l’équipement nécessaire à la réalisation des travaux. En général, ce n’est pas un problème, compte tenu de la tendance à la surmécanisation.

Comment faites-vous pour honorer vos mandats nationaux en terres romandes? Les cercles de machines n’y sont guère développés…
Jusqu’à peu, nous avons tout géré depuis la centrale en Suisse orientale. Mais désormais, la Romandie dispose elle aussi d’un cercle de machines, grâce à Maschinenring Ouest. Ce cercle assure désormais la coordination des missions sur place.

Est-ce que Maschinenring Ouest dispose de suffisamment de membres pour mener à bien ces travaux?
Ce jeune cercle compte une quarantaine d’adhérents, ce qui est encore peu. De ce fait, notamment pour le déneigement, les missions ne sont pas toutes confiées à des membres. Tout dépend du travail dont il s’agit. Les agriculteurs ne font pas très volontiers du travail manuel. Pour ce faire, nous mandatons des jardiniers, des bûcherons et du personnel issu du secteur de la construction. Etant donné que les tâches manuelles n’ont pas la cote chez les agriculteurs, Maschinenring Ouest ne met pas l’accent actuellement sur la recherche de nouveaux membres.

Comment expliquer qu’il ait fallu une petite vingtaine d’années pour qu’un cercle de machines se développe en Romandie?
Il s’agit avant tout d’une question linguistique. Le concept provient de régions germanophones. En France, on trouve des Cauma.

Où en est le développement de Maschinenring Ouest?
Après avoir dessiné les contours de la structure via son travail de bachelor à la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL), Joël Etter s’attelle à sa concrétisation. Il est notre bras droit en Romandie. Sa tâche est loin d’être facile. Dans notre pays, les cercles de machines ne bénéficient pas de soutien financier public, contrairement à leurs homologues allemands et autrichiens. En Suisse, le financement d’un nouveau cercle de machines passe par le développement des prestations de déneigement et d’entretien des espaces au niveau régional dans le cadre des mandats nationaux de MR Schweiz. Monter un cercle de machines n’est pas réalisable en se concentrant uniquement sur le secteur agricole. Dans un futur proche, Maschinenring Ouest étendra ses activités de manière à proposer davantage à ses membres. En principe, toutes les prestations pratiquées dans les différents cercles se prêtent aussi à la Romandie. L’éventail dépendra des ressources en personnel et s’élargira avec le temps. Tout ne peut pas se faire de suite. Il faut dire qu’en Romandie, les cercles de machines demeurent méconnus. Du temps est nécessaire pour que les agriculteurs prennent conscience des avantages et que la croissance s’opère. Cela nécessite aussi d’avoir les bonnes personnes à la tête, qui tirent en avant l’affaire.

Pourquoi est-ce que Maschinenring Ouest ne communique pas davantage?
A ce stade, le cercle ne s’est pas encore focalisé sur l’encadrement des membres. Cela va changer prochainement.
«La Romandie dispose d’un cercle de machines grâce à Maschinenring Ouest»

Outre des possibilités de revenus annexes et un service de remplacement (lire ci-dessous), les cercles de machines proposent des avantages commerciaux. Quels sont-ils?
Du point de vue des grands fournisseurs, un agriculteur est une personne privée. Via Maschinenring Schweiz, il peut bénéficier du statut d’entrepreneur grâce à nos accords-cadres. Les offres prisées par nos membres varient. Cette année, les générateurs à prise de force de Genno ont eu beaucoup de succès. Les partenariats pour des bonus sur des matériaux auxiliaires de construction fonctionnent très bien aussi, notamment avec Debrunner et Baubedarf où des réductions de prix de l’ordre de 20 à 30% sont possibles. Les pièces de rechange pour véhicule de Winkler sont aussi beaucoup demandées. Avec cette entreprise, nous avons pu obtenir pour nos membres 5% de rabais sur les prix fixés.

MR Schweiz est également active dans le domaine de l’énergie. Pouvez-vous en dire davantage?
Nous nous concentrons actuellement sur le photovoltaïque. L’idée est de faciliter l’installation de panneaux pour nos membres, de sorte à ce qu’ils puissent économiser de l’énergie. En Suisse orientale, nous avons mis sur pied un service de conseil en matière énergétique. Pour sa part, Maschinenring Mittelland dispose de sa propre installation de biogaz. Maschinenring Zuger Berggebiet a quant à elle une installation de pyrolyse et produit du charbon végétal.
Propos recueillis par Sabine Guex le 18 novembre 2022

 

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