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L'agriculture à l'épreuve du documentaire

L'agriculture à l'épreuve du documentaire


Quelle image, quelle vérité, quel regard émergent lorsque l’agriculture est soumise à l’épreuve des documentaires militants? Raphaël Charles et Francis Egger font part de leur analyse. (Sur la photo: Marie-Monique Robin en tournage pour son film «Les moissons du futur». Crédit photo: Frédéric Depardon.)
(Nouveau, la contribution de François Erard, directeur d'AgriGenève)

 

Ces dernières années, plusieurs films sur l’agriculture ont eu un certain impact sur le public. Nous citerons les documentaires Le monde selon Monsanto, Food inc., We feed the world, Solutions locales pour un désordre global et tout récemment, Les moissons du futur ainsi que More than Honey (voir ci-dessous une présentation brève de ces films). Ces documentaires reflètent-ils réellement l’agriculture d’aujourd’hui, apportent-ils un éclairage sur les problématiques de demain, ont-ils un impact sur le monde agricole? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles tentent de répondre Raphaël Charles et Francis Egger. Raphaël Charles, chercheur dans le domaine des grandes cultures à Agroscope à Changins, est intervenu sur demande au Festival du Film vert à Nyon en 2013 lors de la diffusion de Les moissons du futur. Francis Egger est responsable du Département économie, politique et relations inter-nationales à l’Union suisse des paysans. Tous deux s’expriment ici à titre personnel.

 

 

Ces documentaires présentent-ils une vision correcte de l'agriculture et de ses problèmes?
Francis Egger:
Ce sont le plus souvent des films sur l’écologie en relation avec l’agriculture. Ils n'offrent bien sûr très souvent qu’une approche partielle, mais c’est normal car l’agriculture est complexe. De plus dans le système de communication actuel, il est nécessaire de réduire le nombre de messages et de ne pas laisser le doute, donc on simplifie et on généralise.

 

Raphaël Charles: Partant de faits locaux, ces films ont un discours général qui conduit finalement à adresser une critique globale à l’ensemble de l’agriculture. Un segment mal vu - ou malveillant - semble soudainement porter atteinte à toute la filière, engendrant méfiance et préjugés. A ce titre, la recherche se retrouve à la fois dans une position de déclencheur (recherche sur les OGM en Suisse et en Europe) et de victime (servant de couverture au système préétabli). La critique générale et les solutions tout autant globales proposées ne conviennent pas à l’approche scientifique que je défends. Il n’existe pas de recettes agronomiques applicables à l’échelle universelle. En revanche, il existe des concepts concernant de larges échelles auxquels la recherche s’intéresse et apporte des contributions.

 

Francis Egger, de l'Union suisse des paysans. (M. PIlet) Raphaël Charles, chercheur à Agroscope, Changins. (SP)

 

Ne sont-ils pas souvent trop orientés?
FE:
Si je visionne un reportage du WWF, je sais que c’est le WWF et je le regarde en connaissance de cause. Le plus grave c’est le reportage qui se dit objectif, qui donne la parole aux contradicteurs, mais qui oriente son approche parfois de manière très subtile. Par exemple, on montre le méchant industriel en costard cravate dans son bureau en mettant en évidence des traits d’arrogance et d’un autre côté, le gentil producteur en tenue décontractée dans son champ avec ses enfants à ses côtés. Ou, au travers du montage, l'auteur met en évidence les contradictions de celui qui défend le point de vue opposé. C’est la pseudo-objectivité qui pose problème. Dans la réalité, c’est souvent beaucoup plus nuancé et il n’y a pas un bouton à tourner pour résoudre une difficulté. La résolution d’un problème peut aussi en provoquer d’autres et il faut rechercher une solution de compromis. Mais cette approche n’est souvent pas assez émotionnelle. On adore les films avec des méchants et des gentils. Pour moi l’exemple positif est More than Honey, un film d’observation qui montre un problème avec une certaine objectivité. On se dit à la fin qu'il y a un problème, qu'il faut faire quelque chose. On ne dit pas «il y a des gros méchants qui sont stupides, cupides et sans morale».

 

RC: Ces enquêtes ont un programme, un objectif déjà apparent dans le titre. Ainsi Le monde selon Monsanto est un film qui fait peur, Solutions locales pour un désordre global part d'un constat d’échec, mais avec des ouvertures à des solutions, Les moissons du futur offrent des propositions et de l'espoir. La question se pose d’entrée en termes de crédibilité, à savoir s’il s’agit véritablement d'un documentaire avec sa trame composée de faits et d’éléments objectifs, scientifiques ou d’un film résolument orienté. Ces enquêtes bénéficient d'un préavis positif car elles sont présentées comme des documentaires mais n'en respectent pas toujours les principes.

 

 

Présentent-ils des déformations légères ou graves, voire des erreurs flagrantes?
FE: Cela dépend des films. Parfois je dois me cramponner dans mon fauteuil de cinéma. Mais il est difficile de dire que ce qui est présenté ici est faux. Les véritables erreurs sont rares. Souvent il manque un autre éclairage ou la situation présentée dépend de conditions particulières. Très souvent je me dis que ce type de problème est improbable dans les conditions suisses, mais le spectateur non spécialiste ne peut souvent pas faire cette nuance.


RC: Pris à la lettre, ces films contiennent des simplifications, des partis pris, des erreurs par négligence ou par volonté délibérée. Un ensemble d’éléments qui finalement desservent l'objectif idéal auquel tout le monde aspire: une agriculture fondue dans l’environnement, faite uniquement de processus naturels et qui nourrit tout le monde d’une diversité de produits sains. J’en arrive à être dérangé par le propos simpliste, souvent trop radical, voire à en rejeter l’ensemble, alors que sur le fond je souhaiterais pouvoir y adhérer. Dans les trois œuvres, le fait de proposer à la fois un ouvrage écrit et un film met bien en évidence cette problématique. Par rapport à la brièveté des films et au choix contestable de certaines images, j’ai largement préféré les livres, laissant le temps à la pause, à la réflexion, à l’analyse critique, mais également à l’imagination, même si celle-ci peut aussi entraîner une déformation en faveur de nos préférences!

 

 

Il y a donc un gros risque que le spectateur peu connaisseur déforme le propos ou généralise abusivement?
FE: Oui, c’est un problème majeur. Si un spectateur voit par exemple une installation d’engraissement de bovins de masse, industrielle, hors sol aux USA, il y a le risque qu’il se dise «je n’ai plus envie de manger de la viande bovine». Autre exemple, on part du principe qu’un traitement phytosanitaire est négatif, qu’il laisse des résidus, etc., mais on ne dit pas à quoi il sert, on ne dit rien des conséquences possibles d’une non-utilisation de ces produits.

 

 

L'auteur se fait-il parfois manipuler par les intervenants?
FE: Je crois que les auteurs sont conscients de ces situations. Ils ne sont pas naïfs. Ils savent très bien le message qu’ils veulent faire passer et ce sont eux qui manipulent, si manipulation il y a, pas les intervenants. En prenant des exemples isolés, on peut tout prouver, surtout dans un film où lors du montage, le réalisateur est libre de ses choix.


RC: En effet et je souhaiterais des intervenants moins manipulés par les intentions de l’auteur ainsi que des films plus complets par le choix des personnes interrogées.

 

 

Ces documentaires apportent-il tout de même un éclairage utile sur les problématiques agricoles? Devrait-il y en avoir plus?
FE: Oui ces documentaires sont utiles. Il faut informer, il faut débattre. Dans l’idéal, il faudrait pouvoir en discuter après, avec le public, l’auteur, des spécialistes, afin de nuancer, d'expliquer, de confirmer. Ce qui se fait parfois. Il devrait y en avoir plus et pas uniquement sur les aspects écologiques concernant l’agriculture, mais aussi sur les aspects sociaux, économiques, commerciaux, sur les savoir-faire, etc.


RC: Ces documentaires ne sont pas un portrait de l’agriculture, dont la multifonctionnalité est difficile à présenter, mais une représen-tation d’un problème dans l’agriculture, voire une image figée d’une tête d’épingle dans une meule de foin. L’agriculture est davantage qu’un problème «Monsanto». Monsanto est-il d'ailleurs un problème agricole? On peut se poser la question. Les 650 pages de l'ouvrage de Marcel Mazoyer Histoire des agricultures du monde restent probablement hors de portée d’une majorité de gens. Or, il faut ces 650 pages écrites tout petit pour parler d’agriculture. On réalise qu'il existe plusieurs agricultures, et celles-ci sont indissociables d’une longue histoire et d’un contexte local. Malheureusement il n’y a rien de sensationnel à tout cela. Connaître l’agriculture au travers des films actuellement en question me paraît illusoire.
En tant que scientifique, j'estime toutefois que ces films nous renvoient à des problématiques, objectives ou subjectives, qu’il s’agit de décortiquer, analyser, documenter et remettre à leur juste place. Malgré leur caractère incomplet, ils constituent autant des sources d’inspiration (Les moissons du futur) que des formes d’alerte (Le monde selon Monsanto) bienvenues. D’autre part, ces films reflètent des débats de société dans lesquels la recherche a aussi un rôle à jouer.

 

Une famille d'agriculteurs en Allemagne dans Les moissons du futur. (Marc Duployer)

 

Quel impact pensez-vous que ces films ont sur le grand public, et par ricochet sur les rapports avec les agriculteurs, sur les politiques agricoles, l'industrie agroalimentaire?
FE:
Ces films ont des influences positives et aussi négatives. Beaucoup d'entre eux partent du principe que tout ce qui est naturel et écologique est forcément bon. Ils contribuent ainsi à l’«écologisation» actuelle de l’agriculture. Les problématiques de l’approvisionnement, de la perte des terres agricoles, de la situation économique, etc., viennent en second. Ils peuvent aussi avoir une influence positive: face à l'industrialisation excessive de l'engraissement de bovins, le consommateur peut être amené, au lieu de refuser simplement la consommation de viande, à privilégier l’agriculture de proximité.
A noter que plus le problème est éloigné, plus sa dénonciation obtient l’adhésion. Il est plus facile d’être indigné par la déforestation de la forêt amazonienne que par la perte de surface agricole due à la construction de la route de contournement de son quartier!


RC: A force de répétitions, l'impact n'est probablement pas négligeable et plus positif que les films eux-mêmes. Après avoir visionné Food inc., j'ai acheté trois poules qui désormais picorent dans mon jardin.

 

 

Quels impacts sur les agriculteurs eux-mêmes, s'ils visionnent ces films? Qu'apprennent-ils?
FE: Il faut poser cette question aux agriculteurs. Mais je constate deux réactions: parfois une réaction de colère et d’incompréhension car l’approche est trop réductrice, partiale, ne concerne pas l’agriculture suisse ou est trop orientée. Mais j’ai aussi entendu d’autres réactions du style «nous devons faire quelque chose, mieux informer sur les réalités de l’agriculture ou modifier certaines de ces pra-tiques agricoles». Parfois les agriculteurs constatent que dans certaines approches, l’agriculture helvétique est en avance: «Ca, on fait déjà en Suisse».

 

 

Devrait-il y avoir des films issus des milieux agricoles, des sciences agronomiques par exemple, qui présentent une vision différente, ou plus neutre, ou plus complète?
FE: Oui, il faut faire plus de documentaires. Mais un film de l’Office fédéral de l'agriculture ou de l’Union suisse des paysans ne peut pas se revendiquer plus objectif, plus neutre qu’un film du WWF ou de Coline Serreau.


RC: Ces films sont éloignés du quotidien et des enjeux agricoles de notre pays, pourtant le grand public les considère volontiers comme une représentation de notre agriculture, y compris des contributions données par la recherche. N’est-il pas temps de se réap-proprier une partie de cet espace de communication? A l’image de Paysan à paysan, une série de films par et pour l’agriculture (ndlr: partage d'expériences entre agriculteurs, diffusé en DVD par Agridea), il serait bien que le monde agricole puisse témoigner de l’agriculture pour le grand public. Les moissons du futur constitue une bonne rampe de lancement. Et pourquoi ne pas appliquer une recette similaire pour montrer comment des agriculteurs et des agricultrices suisses ont su innover et progresser pour répondre aux demandes et soucis de la population? Ce pourrait aussi être une contribution de la recherche.

 

 

Ces documentaires montrent-ils des voies alternatives réellement possibles? Sont-ils l'image d'un futur possible, voire inévitable? Font-ils prendre conscience des enjeux qui attendent la société?
FE: Susciter un débat, dans un pays démocratique où la liberté d’expression est réelle, contribue toujours à faire progresser notre société. Prenons l’exemple de l’Urban farming: ce n’est certainement pas la solution pour nourrir le monde de demain, mais c’est un rapprochement entre le consommateur et la production et une prise de conscience de la chaîne alimentaire qui ne va pas uniquement du super marché au micro-ondes, mais de la terre à l’assiette. Dans ce sens on contribue à créer un futur possible ou si on est optimiste, meilleur.

 

RC: L’agriculture est au cœur des débats concernant la globalisation, le présent et l’avenir. S’en servir pour parler de l’évolution de nos sociétés ne m’étonne donc pas. A ce titre ces films offrent un contre-pied relativement direct voire simpliste entre attentes de la population – des produits bio – par rapport aux besoins manifestés au quotidien – du bon marché. Ce grand écart est aussi celui du chercheur qui tente de faire progresser les choses ou d’amener de la clarté aux débats. En ce sens rien de nouveau, sinon une pique parfois bienvenue.
A ce titre, on peut se réjouir que l’ordre chronologique de ces trois œuvres nous fait passer en quelques années d’un constat accablant (Le monde selon Monsanto) à une vision moins caricaturale et porteuse de témoignages du terrain (Les moissons du futur).

 

Coline Serreau présente son film Solutions locales pour un désordre global.

 

Y a-t-il plus de films de ce type sur ce thème aujourd'hui qu'auparavant?
FE: Il y en a plus car l’écologie joue un rôle important dans notre société et la préoccupation de la sécurité de l’approvisionnement revient au premier plan. Plus la population s’éloigne de l’agriculture plus on en parle. Auparavant, son père et son grand-père faisait de l’agriculture, donc le sujet n’était en soi pas intéressant, maintenant il devient parfois un sujet exotique. De plus, les nouveaux médias et les réseaux sociaux vont provoquer une augmentation des informations dans ce sens.

 

 

Francis Egger, vous soulevez le problème de l'aspect esthétique.
FE: En effet, peut-on faire de belles images avec une valeur artistique sur la base de drames, de la misère? Ma réponse personnelle est oui car on se souvient des belles images et donc on se souviendra du problème. Cela sans tomber dans l’extrême de l’esthétique comme par exemple les reportages de Yann Arthus Bertrand qui se limite à des belles images et à un discours de militant. De nombreux reportages n'ont aucune valeur artistique et leur impact est à mon avis amoindri. Il y a aussi les films de Raymond Depardon qui répondent à un devoir de mémoire sur le monde rural. Ce sont d’excellents reportages, malheureusement totalement inadaptés au contexte actuel qui veut de la rapidité, du mouvement, de l’action.
Propos recueillis par Pierre-André Cordonier, 13 septembre 2013
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DE BONNES QUESTIONS MAIS PAS DE VRAIES SOLUTIONS

 

François Erard, directeur d'AgriGenève, donne sa position sur ces documentaires traitant de l'agriculture.

 

D'une manière générale, ces trois documentaires nous interpellent, milieux agricoles, et peuvent nous déranger car ils sont le reflet des dérives d'une forme d'agriculture industrielle. Ils mettent en exergue ce que nous refusons parfois de voir: une agriculture non durable, une agriculture basée sur la seule ressource pétrole, une agriculture synonyme de perte de biodiversité ou encore de mépris envers les animaux. Ils dénoncent à juste titre (We Feed the World) l'inégale et inacceptable répartition de la nourriture sur notre planète et le gaspillage alimentaire.

 

Le cynisme glacial d'un patron de multinationale, Nestlé en l'occurrence, dans son approche de la marchandisation de la ressource eau tout comme son commentaire sur le tableau des entrepôts robotisés de Nestlé - «il n'y a presque personnes» - est également édifiant. Une société entièrement robotisée et exempte d'êtres humains semble ici idéale! Pour autant que les robots soient à même de consommer des produits Nestlé, mais c'est une autre histoire.

 

Comment combattre la malnutrition

Dans leur traitement, si ces films ont le mérite de poser les bonnes questions, ils n'apportent pas de vraies solutions au problème de fond: comment nourrir le milliard d'êtres humains qui souffrent de malnutrition avec une agriculture durable. Notre mode d'agriculture est-il d'ailleurs responsable de cet état de fait? La famine établie dans certaines régions du monde n'est-elle pas instrumentalisée à des fins de géopolitique, de prise de pouvoir, qu'elle soit politique ou religieuse? Ces pistes sont occultées.

 

Ces films opposent souvent une agriculture de type industrielle, intensive, la mauvaise, avec une agriculture d'autarcie et biologique, la bonne. Or, si cette dernière a toute sa justification dans certains pays, en permettant notamment à de petits paysans disposant de faibles ressources financières de se sevrer de l'achat d'intrants, elle n'est pas, à mon sens, un modèle généralisable et porteur de solution. Autrement dit, elle est viable dans des pays où un pourcentage élevé de la population vit du secteur primaire. Elle ne l'est pas dans des pays occidentaux ou quelques pourcents de paysans ont chacun pour tâche de nourrir plusieurs centaines de personnes. Cette opposition, entre ces deux formes d'agriculture, est séductrice pour le non-initié mais réductrice. Les films font fi de voies médianes, soit d'une agriculture raisonnable telle que nous la pratiquons.

 

Théorie du complot industriel

Parmi les trois films vus, il en est un qui m'a profondément dérangé dans sa manière de traiter de façon partiale et manipulée le sujet: il s'agit de Solutions locales pour un désordre global. Ce film démarre avec un exposé pesant basé sur la «théorie du complot industriel» du plan Marshall. Toute la suite du film est imprégnée de cette hypothèse révisionniste. Il met en scène des experts, notamment Claude Bourguignon, fort de son aura de scientifique, qui finit par raconter tout et n'importe quoi et à comparer l'incomparable. Ce film est un melting-pot de thèmes hétéroclites - le sol, les paysans sans-terres, la problématique indienne - trop souvent imprégnés de fausses vérités.

 

En conclusion, ces films, avec leurs défauts, ont le mérite de faire réfléchir le spectateur sur l'importance vitale de l'agriculture pour le devenir de notre société; les aliments qu'elle produit ne peuvent être réduits à un bien de consommation comme les autres. Ils inciteront peut-être le spectateur consommateur à être plus curieux sur la manière dont est produit le contenu de son assiette. Ils l'aideront à comprendre qu'il est difficile de manger de bons produits bon marchés et que la nourriture a un prix.

 

En tant que responsable d'une organisation agricole, ils m'ont conforté dans la justesse du tournant pris par notre politique agricole en matière de durabilité, de qualité de nos produits et de respect des espèces animales. Même si cette politique n'est pas satisfaisante sous d'autres aspects! Il est par contre indispensable de mieux communiquer sur nos pratiques agricoles. Cela demande beaucoup d'énergie pour sortir du schéma du bon «bio» et du mauvais «chimique».
François Erard, 17 septembre 2013

 

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QUELQUES DOCUMENTAIRES...


We feed the world, (We feed the world – Le marché de la faim, pour l'édition française), documentaire autrichien de Erwin Wagenhofer, 96 minutes, réalisé en 2005 et sorti en France en 2007. L'enquête montre comment les aliments que nous mangeons sont fabriqués en passant par la Roumanie, l'Autriche, le Brésil, la France et l'Espagne.
Le livre du film: Le Marché de la faim, Erwin Wagenhofer, Actes Sud, 2007, 191 p.

 

Home, film documentaire français sorti en 2009, écrit et réalisé par le photographe, reporter et écologiste Yann Arthus-Bertrand et produit par Luc Besson, 90 minutes, version télévision, DVD et internet, et 120 minutes, version cinéma. Ce film est constitué uniquement d'images aériennes qui révèlent le lien qui unit l'homme à la Terre et mettent en exergue les défis environnementaux de la planète. Yann Arthus-Bertrand a également réalisé La Terre vue du ciel, paru en 2004 tiré du livre de photos éponyme du même auteur publié en 1999. Il a animé Vu du ciel de 2006 à 2011, une émission de télévision sur France 2 traitant des problèmes de l'environnement.

 

Food inc. (Les Alimenteurs au Québec), 90 minutes, 2008 (2010 pour la version francophone), documentaire américain réalisé par Robert Kenner. Le film s’inspire de l’essai Fast Food Nation d’Eric Schlosser. Il traite de la production de nourriture à grande échelle aux États-Unis et conclut que la viande et les légumes produits par ce type d’industrie sont mauvais pour la santé et pour l’environnement.

 

Profils Paysans, série de trois films français documentaires réalisés par le cinéaste photographe Raymond Depardon. Pendant dix ans, le cinéaste, lui-même fils d’agriculteur, a filmé des paysans en Lozère, Haute Saône, Ardèche et en Haute-Loire. Les trois volets de la série: L'Approche, sorti en 2001, Le Quotidien, sorti en 2005; La Vie moderne, sorti en 2008.

 

Solutions locales pour un désordre global, documentaire français de Coline Serreau, 113 minutes, avril 2010. «Les films d'alertes et catastrophistes ont été tournés. Ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu'il existe des solutions», commente Coline Serreau. La réalisatrice rencontre des hommes et des femmes partout dans le monde qui mettent en œuvre leurs propres solutions aux désordres environnementaux globaux. S'y ex-priment notamment Pierre Rabhi, Lydia et Claude Bourguignon, les paysans sans terre du Brésil, Kokopelli en Inde, M. Antoniets en Ukraine, etc. Le film a été réalisé avec très peu de moyens, d'où une faible qualité de l'image selon les critiques.
Le livre: Solutions locales pour un désordre global, Coline Serreau, Actes Sud, 2010, 233 p.

 

Les moissons du futur, documentaire français de Marie-Monique Robin, auteur également de Le monde selon Monsanto, 90 minutes, octobre 2012. Croisant les témoignages d’agriculteurs, d’agronomes, d’économistes, de responsables politiques et d’organisations internationales d'Afrique, d'Asie, d'Amérique du Nord et d'Europe, Marie-Monique Robin défend l'idée qu’un autre modèle agricole et commercial, innovant et productif, a déjà fait ses preuves en restituant aux paysans un rôle-clé dans l’avenir de l’humanité.
Le livre: Les moissons du futur: Comment l'agroécologie peut nourrir le monde, Marie-Monique Robin, La Découverte, 2012, 297 p.

 

More than Honey, documentaire du réalisateur suisse Markus Imhoof, 90 minutes, 2012 . Ce film cherche à comprendre l’épidémie qui décime les abeilles du monde entier depuis une quinzaine d’années en s'appuyant sur les plus récentes découvertes et grâce à des images exceptionnelles. Il entraîne le spectateur dans un fantastique voyage aux quatre coins du globe.
PAC, 13 septembre 2013

 

We feed the World, ou le parcours de l'aliment du champ à l'assiette en passant par l'agroindustrie.

 


 

 

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