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Davantage de pâture, moins de maïs et une baisse des coûts d’alimentation


L’affouragement des vaches laitières a été passablement modifié ces dernières années sur le domaine d’Alain Chabloz. Il a gagné en termes d’autonomie alimentaire, de production laitière et de coûts de ration.


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Pendant l’hiver 2011, Alain Chabloz a rencontré plusieurs difficultés avec ses vaches laitières qui mangeaient bien, se portaient bien mais qui ne produisaient pas la quantité de lait espérée. «Le potentiel était là mais ça ne trayait pas», explique l’agriculteur. Il a décidé de rejoindre le projet Progrès herbe dès son lancement en 2012 afin de trouver des solutions. «Je voyais que je n’étais pas dans le bon trend avec le bétail et les prix pour le lait baissaient, il fallait faire quelque chose.» Un premier verdict tombe rapidement: la part de maïs dans la ration est trop importante et les protéines manquent. On lui conseille également d’augmenter la part d’herbe dans sa ration.

 

Pâture plus fréquente

L’exploitation d’Alain Chabloz, au Mont-sur-Lausanne, compte 50 vaches laitières, Red Holstein et Swiss Fleckvieh, pour une production laitière d’environ 7000 litres. Sur ses 82 hectares de SAU, 47 sont dédiés aux prairies et 5 au maïs fourrager. Progrès herbe a fait ses preuves chez lui. En changeant la ration, il a amélioré la santé et la productivité de son troupeau et par conséquent baissé ses coûts de production.

 

Il a dû faire plusieurs changements importants. A commencer par revoir l’approvisionnement en maïs. Son maïs d’ensilage (3/3) était très riche en énergie et distribué en quantité trop importante. Il a donc opté pour un maïs plante entière et diminué de 5 à 8 kilos la quantité journalière. L’autre grande adaptation concerne la pâture et de façon générale, la part d’herbe dans la ration. En 2012, cette dernière était de 57%. Elle est progressivement montée (62% en 2013, 66% en 2014) pour atteindre 68% en 2015 (63% en 2016 en raison des mauvais rendements cette année-là).

 

Pour Alain Chabloz, c’est au niveau de la gestion de la pâture qu’il a dû faire le plus de travail. Pendant la période estivale, ses vaches sortaient la nuit ou le jour selon la météo mais l’herbe ne constituait clairement pas la première composante de sa ration. Depuis son entrée dans le projet, il a maintenu la sortie de nuit pendant la phase estivale et il a ajouté la matinée lorsque les températures le permettent. Les vaches ressortent un moment après la traite dans des parcs autour de la ferme. Cela lui demande un peu plus de surfaces (de 6 ha, il est passé à 8-9 ha) mais moins de temps d’affouragement. «La pâture était un point un peu critique pour moi. J’étais soucieux que mes bêtes ne mangent pas suffisamment. En plus, j’ai des vaches gourmandes qui laissent les refus. Mais maintenant je suis convaincu par le système. Alors qu’il y a encore quelques années, l’herbe venait en complément dans ma ration, aujourd’hui c’est d’abord la pâture et ensuite je complète!» Alain Chabloz a toutefois préféré maintenir un affouragement intérieur avec de l’ensilage aussi en été. «J’ai l’impression que cela occasionne moins de pics au printemps et en automne si la ration reste la même sur toute l’année», souligne l’éleveur (voir le tableau). La quantité de foin et regain a également augmenté, notamment pour compenser la baisse de maïs. Son exploitation s’y prête bien, avec essentiellement des prairies naturelles.

Très bonne autonomie et coût plus faible
Afin d’augmenter la part de protéines dans la ration, l’agriculteur a encore ajouté du lupin et de la féverole dans sa rotation culturale. Les vaches reçoivent un kilo de lupin par jour, ajouté dans la mélangeuse. Quant à la féverole, elle est utilisée dans un mélange fermier avec de l’orge et du triticale, distribué au DAC selon la production laitière. Les proportions: orge (2/3), triticale (0,5/3), féverole (0,5/3). Pour équilibrer la ration, il doit acheter un aliment 40%. Il a réfléchi à remplacer cet aliment par de la luzerne afin de gagner en autonomie mais cette solution n’est pour l’instant pas envisageable sur son exploitation. En ajoutant le lupin et la féverole, le coût de son concentré a déjà pu baisser de 3 centimes par litre de lait (de 9 à 6 cts).

Il faut préciser que l’autonomie alimentaire de l’exploitant est déjà très élevée (entre 91 et 93% ces dernières années). Son objectif est d’atteindre 100% mais les pommes de terre, achetées à un collègue, et l’aliment concentré ne lui permettent pas d’atteindre ce chiffre momentanément.

Dernières pistes à explorer
«Je pense que le projet Progrès herbe m’a permis de garder mes vaches. Avec un prix du lait si bas, j’aurais peut-être arrêté. Avec les quelques changements effectués, j’ai pu faire des économies et j’ai aussi pu intégrer de nouveaux modules des paiements directs, comme PLVH», souligne Alain Chabloz.

Pour la suite, il pense qu’il peut encore s’améliorer au niveau de la gestion de la pâture. «A quel moment entrer dans le parc? Quelle hauteur d’herbe à la sortie pour éviter le gaspillage?» Il estime également pouvoir travailler sur la production laitière. Il y a quelques années, il a rencontré des problèmes de fertilité, principalement dû à des inséminations trop rapides après le vêlage. Il attend dorénavant 3 mois avant d’inséminer et son taux de non-retour est bas mais par conséquent son intervêlage est long (422 jours), avec une incidence sur la production laitière.
Sarah Deillon, 13 avril 2018
 

 

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