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Les «fleurs de foin» au secours des prés


Les semis naturels à partir de «fleurs de foin», une herbe coupée riche en espèces, permettent d’améliorer la composition botanique des prairies extensives.


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Les prairies extensives peuvent être composées de 40 à 70 espèces différentes dont certaines sont rares et menacées. Elles sont rétribuées par des contributions écologiques dans le cadre de l’Ordonnance sur les paiements directs (OPD). Pour prétendre aux contributions de l’Ordonnance sur la qualité écologique (OQE), elles doivent remplir certains critères, notamment atteindre une qualité biologi­que minimale, en abritant au moins six espèces indicatrices.

 

Dans le cadre de nombreux projets de réseaux OQE, l'amélioration de la qualité des prairies extensives devient un objectif plus important que l’augmentation de la part de surface de compensation écologique. En effet, la qualité de la flore tend à stagner après une certaine période d’exploitation extensive, puisque le stock grainier du sol est épuisé.
Lorsque la composition botanique est insatisfaisante, et sur autorisation cantonale, les prairies extensives peuvent alors être réensemencées. Com­me alternative aux mélanges standards recommandés, l’exploitant peut utiliser la technique des «fleurs de foin».

 

Une méthode vieille comme le monde
La méthode de semis à partir de «fleurs de foin» était pratiquée de longue date dans les campagnes. Les agriculteurs utilisaient la poussière de foin récoltée dans le fond des gran­ges pour réensemencer les prés qui le nécessitaient. Aujourd’hui, les granges abritent des foins d’origines diverses et leurs poussières ne peuvent plus être utilisées pour «réparer» des prairies dans le cadre de la compensation écologique en raison du risque de développement d’espèces indésirables. En revanche, une prairie peut être fauchée et ses graines utilisées pour l’ensemencement d’une prairie receveuse. Cette méthode, dite d’«herbe à semences», permet de préserver la diversité génétique locale et réduit les ris­ques de «pollution génétique» liée aux semis de mélanges standards. De plus, elle permet d’obtenir rapidement une diversité floristique conforme aux critères OQE. Calculé d’après les tarifs de la station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon (ART), avec cette méthode, le coût d’ensemencement avoisine les 1800 francs par hectare.

 

Donneuse et receveuse
La prairie qui sert de sour­ce de graines pour ensemencer des surfaces de compensation écologique doit avoir les qualités que l’on espère obtenir dans la prairie receveuse: un milieu suffisamment diversifié (idéalement original, donc non ressemé), contenant les espèces cibles souhaitées, propre. Elle doit aussi correspondre à la parcelle receveuse en termes de taille, de type de sol et d’altitude. La distance est toujours à minimiser. Si la prairie est inscrite dans un inventaire, une dérogation doit être demandée au service con­cerné pour obtenir l’autorisation de prélever des semen­ces. De même, si la récolte de graines doit se faire avant le 15 juin en zone de plaine (1er juillet en zone de montagne 1), une autorisation de fauche anticipée doit être demandée.

 

La parcelle receveuse doit offrir les meilleures conditions de levée au futur semis. La qualité du sol importe peu, en revanche les plantes indésirables, qui feraient concurrence à la levée, doivent être éliminées. Si la prairie est ancienne, un sursemis sera préféré à un ressemis. Une fauche rase ou un hersage suffiront à préparer la parcelle receveuse. Le semis direct est avantageux lorsque le stock de plantes indésirables est important.

 

Fauche à maturité
Lors de la récolte des semences, le but est d’obtenir le plus de graines possibles. La prairie doit être fauchée au moment de sa maturité optimale. Pour les prairies à fromental et à brome dressé, la maturité est atteinte aux environs de la mi-juin en zone de plaine. Si l’objectif de l’ensemencement est de créer une prairie répondant aux critères OQE, il faudra observer la maturité des plantes de la liste de référence de la zone de la parcelle receveuse. On attendra, pour faucher la prairie donneuse, que six d’entre elles aient atteint leur maturité.

 

La fauche doit être douce. La rosée du matin, en collant les graines, permet d’améliorer la récolte. Le foin est ramassé juste après la fauche et pressé en rouleaux. En attendant le chargement et le transport, les rouleaux ne doivent pas rester au soleil au risque de fermenter. Après un transport rapide vers la parcelle receveuse, il s’agit d’étaler le foin le plus régulièrement possible pour obtenir une sorte de «moquette». La fauche d’un hectare suffit à ensemencer un hectare de prairie. Ensuite, il n’y a plus qu’à laisser faire! En matière de semis de «fleurs de foin», la patience est reine. Par année très sèche, la levée n’est parfois observée qu’en automne. Les travaux tels que roulage, pirouettage et arrosage ne sont pas indispensables. Une fau­che de nettoyage peut être utile dans les cas où la concurrence des adventices est forte. Elle s’effectue après la mi-août en veillant à faucher haut.

 

Une prairie ensemencée à partir de «fleurs de foin» peut bénéficier des contributions OPD et réseau écologique dès l’année de sa mise en place à condition d’être annoncée avant mai (même si le semis est réalisé plus tard). Par contre, il faut attendre l’année suivante pour constater sa qualité écologique et prétendre aux contributions qualité OQE.

Elise Frioud, 29 mars 2013

 

Infos utiles
Dossier réalisé à l’aide de la brochure Les semis naturels de prairies diversifiées – Fleurs de foin: mode d’emploi, du bureau In Situ Vivo Sàrl, 1241 Puplinge.

 

 

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