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Vaud. Champs ravagés par les corvidés: vers une autre «année de galère»

L’agriculture vaudoise reste démunie face aux ravages causés sur les cultures par les corneilles noires et les corbeaux freux. Le Conseil d’Etat annonce un plan d’action pour le premier semestre 2024, mais sans rassurer les victimes des déprédations.

S.Deillon

ATS

ATS

29 janvier 2024 à 11:54

Temps de lecture : 3 min

La députée PLR Marion Wahlen, qui porte ce combat au niveau du Grand Conseil, se dit "dépitée" par "l’inaction" des autorités alors que la problématique est "reconnue partout" sur le terrain. "On ne nous écoute pas, on ne nous propose rien", affirme la vigneronne de Bogis-Bossey, interrogée par Keystone-ATS. Elle prédit "une nouvelle année de galère", alors que les premiers semis vont reprendre dans quelques semaines.

Les corvidés ont proliféré ces dernières années dans certaines régions, notamment sur la Côte et dans la Broye, où ils ne rencontrent pas de prédateurs naturels et où la nourriture est abondante. Ils s’attaquent aux semis et jeunes plants de maïs, tournesols, soja et autres céréales.

Les vignes, tout comme les cultures maraîchères et fruitières, sont aussi touchées. Il en résulte d’importantes pertes de production, de temps et de revenus pour les agriculteurs.

Pétition

Une pétition a été lancée en 2022 pour demander au Conseil d’Etat "des actions concrètes, immédiates et efficaces". Le texte a ensuite été largement soutenu par le Parlement, sans que le gouvernement vaudois n’y apporte encore une réponse.

Pour connaître l’avancée du dossier, Marion Wahlen a interrogé le ministre de l’environnement Vassilis Venizelos, mardi dernier à l’heure des questions orales du Grand Conseil. Il lui a répondu que le Conseil d’Etat prenait "la situation très au sérieux" et qu’un "plan d’action" serait présenté durant le premier semestre 2024.

Répulsifs "alternatifs"?

Évoquant une régulation "complexe" à mener, M. Venizelos a rappelé que des mesures avaient déjà été prises en 2022, notamment en autorisant le tir sur les corneilles dans les cultures en période de semis, soit entre mi-mars et fin juin. Ce sont ainsi 237 corneilles qui ont pu être "prélevées" en 2022, a-t-il dit. En parlant du futur plan d’action, il a évoqué "une action complémentaire ciblée de régulation", mais sans donner davantage de détails.

Le ministre écologiste a aussi indiqué que des essais étaient toujours en cours pour trouver des répulsifs "alternatifs" aux produits chimiques, qui sont désormais quasiment tous interdits. Ces tests, menés en collaboration avec Agroscope et Proconseil, n’ont pas encore permis de trouver une solution efficace, a-t-il toutefois reconnu.

Le plan d’action visera aussi à apporter des modifications à "la structuration du paysage agricole", afin que des prédateurs naturels aux corvidés - certains rapaces notamment - puissent s’installer dans les régions concernées.

Indemnisations "très insuffisantes"

Ces annonces n’ont pas convaincu Marion Wahlen. "Je n’ai rien contre ces animaux, que j’admire même pour leur intelligence, mais il faut une régulation claire", dit-elle. Et de citer l’exemple de certains agriculteurs dont les parcelles sont attaquées par des bandes de 300 corneilles.

Elle signale aussi que le dernier répulsif protégeant les semences de maïs sera retiré du marché en 2025, "sans qu’une solution homologuée et efficace soit disponible". Quant aux différentes mesures d’effarouchement testées jusqu’ici - épouvantails, ballons gonflés à l’hélium, pétards -, "cela ne marche pas" sur la durée.

L’élue PLR regrette également le manque de moyens financiers pour indemniser les agriculteurs. Selon elle, le montant annuel de 120’000 francs, mis à disposition depuis 2022 par le Canton, s’avère "très insuffisant" au vu l’ampleur des dégâts.

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