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Fourrages. Les stratégies herbagères vaudoises intéressent nos voisins français

Des agriculteurs savoyards examinent les conditions d’entretien des surfaces herbagères et fourragères suisses dans une réflexion d’adaptation au changement climatique et de maintien de rendements satisfaisants.

Observation de mélange fourrager 462 semé à l’automne à la Comex Schläfli-Paillard à Champvent (VD).Audrey Nguyên-Cao, Proconseil

Audrey Nguyên-Cao et Pascal Rufer, Proconseil

Audrey Nguyên-Cao et Pascal Rufer, Proconseil

22 mars 2024 à 09:14, mis à jour à 09:26

Temps de lecture : 3 min

Encadrés par Pascal Rufer, responsable de l’équipe en production animale et fourragère chez Proconseil, dix-huit producteurs de lait et un conseiller de la Chambre d’agriculture Savoie Mont-Blanc ont visité quatre exploitations de production bovine du Nord vaudois le mardi 5 mars 2024.

La journée a été rythmée par des recommandations techniques et partages d’expériences au cours d’un exposé sur la rénovation des prairies et les soins herbagers, suivis par des observations de terrain. À l’occasion, nos voisins de Savoie ont aussi pu découvrir les ressources Agridea-ADCF, Agroscope et autres références issues de travaux de vulgarisation agricole suisse.

Plusieurs points pratiques sont ressortis parmi les discussions de la matinée.

Herser ou rouler?

On a souvent recours à la herse à prairie pour niveler le champ en cas de taupinières, dégâts de sanglier, pour arracher les herbes sèches et affiner la distribution du fumier.

Au-delà de s’épargner un passage de machine et d’économiser temps et carburant, il convient de condenser au possible l’utilisation de cet outil qui s’avère agressive sur les jeunes plantules. Elle sera par exemple la pire ennemie d’un sursemis, et peut dégrader la composition botanique en cas de passage trop agressif.

Comme alternative, il vaut souvent mieux préférer le rouleau, qui doit être le plus lourd possible. Il peut donc être lesté et va également favoriser le contact sol-graines s’il est combiné avec un semis à la volée.

Semis et sursemis

Jacky Schläfli, à Champvent (VD), a réalisé ses semis herbagers directement après l’orge en juin, puis en juillet après le blé et les résultats sont bons pour 2023-24. Il a préféré éviter le salissement de la parcelle et garder l’humidité résiduelle dans le sol, sans travail préalable.

Une autre possibilité est d’attendre le mois de septembre pour semer en supposant un retour de l’eau. Un déchaumage intermédiaire permet alors de faire lever les adventices et les graines de céréales résiduelles. Que ce soit à l’implantation ou lors du sursemis, le retour de l’automne et de ses conditions humides favorisent la réussite de la germination.

Si on fait le choix d’une opération au printemps, on veillera à intervenir avant le 10 mars, suivi d’une fauche précoce ou d’une pâture: il convient de faire de la lumière et pour ne pas étouffer le sursemis.

Lutte contre le rumex

Que ce soit en préventif (limiter les trous dans les gazons, faux semis lors d’implantations de prairies) ou en lutte directe, le rumex doit être combattu pour éviter sa prolifération. Vu que nos voisins français ne disposent plus de produits homologués pour la lutte sur plantule lors du semis de prairies, la lutte à postériori a rencontré un vif intérêt.

Nicolas Pavillard, à Orges (VD), a présenté le système Ara d’Ecorobotix pour la lutte dans les herbages. Par rapport à un traitement de surface à la barre, l’économie de produit mais surtout le fait de ne pas pénaliser le rendement sur la première coupe plaident clairement en faveur du désherbage de précision.

Stratégie de sorgho pâturé

Voici quelques astuces pour le faire pousser dans une optique de pâture et fauche:

- se tourner vers un sorgho multicoupe (variété Piper), qui a une plus faible teneur en acide cyanhydrique. Il est aussi plus appétent car les tiges sont plus fines;

- optimiser son intégration dans le renouvellement des prairies: miser par exemple sur un semis tardif (fin mai) après une coupe ou pâture, deux pâtures à mi-juillet et mi-août, puis implanter une prairie en semis direct dans le sorgho encore en place, et remettre le bétail une dernière fois à mi-septembre pour éclaircir et favoriser la pousse de la jeune prairie.

Les retours positifs de cet échange transfrontalier encouragent les centres de vulgarisation à se tenir informés sur les essais et projets menés sur les enjeux de la production herbagère.

Pour en savoir plus.
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