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Qels arbres pour quelles cultures?


Quelle association choisir? Arbres avec grandes cultures ou avec prairies? quels débouchés pour le bois: bois d'oeuvre, bois d'énergie ou fruitiers? L'agroforestier devra faire ses choix en connaissance de cause.

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L'agroforesterie fait école en Suisse
Les arbres enrichissent la culture
Des agroforestiers romands témoignent

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DES FRUITS, DU BOIS ET DE L'ÉNERGIE

 


La plantation d'arbres fruitiers en association avec cultures ou herbages est le système le plus fréquent et celui qui intéresse le plus les agriculteurs suisses.
Le choix des espèces arboricoles dépendra des débouchés visés, de la qualité des sols, des paiements directs, etc. Il est conseillé, du moins pour le bois d’œuvre, de se procurer des plants avec racines, plutôt qu’en motte afin de favoriser l’enracinement correct de l’arbre. La densité de plantation dépendra de la culture intercalaire. Certaines essences, comme le noyer, peuvent être exploitées pour le bois ou pour le fruit, à choix en recourant à des variétés et une conduite différentes selon que l’on privilégie l’un ou l’autre, ou simultanément.

 

Fruitiers
En Suisse, la plantation d’arbres fruitiers en association avec cultures ou herbages est le système le plus fréquent et celui qui intéresse le plus les agriculteurs, selon l’enquête d’Agroscope, (Rapport ART 725). De plus, les contraintes de cultures sont moindres qu’en bois d’œuvre. Comme il s’agit de haute tige, l’écoulement des fruits (transformation ou fruits de table) s’orien­te plutôt vers la vente directe ou l’agriculture con­tractuelle. On veillera à choisir des fruits dont la cueillette intervient après la récolte de la culture associée. Les variétés et le mode de conduite de l’arbre doivent être pensés en fonction de la mécanisation. Des arbres trop bas gêneront le passage des machines.

 

En règle générale, il s’agit de choisir la solution la plus pratique de façon à gêner le moins possible la culture associée. Une distance minimale de 500 mètres est à respecter par rapport à un verger intensif si l’on plante des essen­ces sensibles au feu bactérien. Pour les pommiers, choisir des variétés résistantes à la tavelure et peu sensibles au feu bactérien.

 

Bois d’œuvre
Se lancer dans le bois d’œu­vre représente un investissement à l’échelle d’une ou deux générations puisque la coupe n’intervient pas avant trente-cinq à quarante ans pour certaines essences comme le merisier et le plus souvent pas avant soixante ans. Il faut donc réfléchir en termes de capital d’entreprise et se poser la question de la succession sur l’exploitation.

 

Mieux exposés et disposant de plus d’espace, les essences qui ont besoin de lumière se développent mieux en culture qu’en forêt. Sylvie Monier, de l’Union régionale des forêts d’Auvergne, parle d’une croissance d’une fois et demie supérieure. Les arbres taillés pour le bois d’œuvre ont l’avantage sur ceux destinés au fruits d’être plus verticaux et dotés d’une cime haute, ce qui signifie moins d’obstruction à la lumière.

 

La conduite de l’arbre pour le bois d’œuvre est très exigeante et requiert un suivi très attentif sur les dix à vingt premières années. Il s’agit de respecter à tout prix la dominance apicale, soit la formation du tronc en choisissant la branche la plus adéquate, en contrant si nécessaire le port naturel du plein ensoleillement, et de procéder à la taille et à l’élagage correcte des autres branches.

 

Selon Sylvie Monier, «il est interdit de rater une taille de formation». Un écorchage ou des repousses mal nettoyées peuvent diminuer la qualité du bois. Les arbres devront être protégés efficacement contre le gibier et contre le bétail si l’on pratique la pâture. Les machines sont également une source potentielle de dommages parfois irréversibles. Après la période de formation, l’arbre requiert beaucoup moins de travail. Quelques exemples: un merisier à 18 ans fait en général 16 mètres de hauteur, avec un élagage du tronc jusqu’à 6 mètres; il faut compter 15 mètres de hauteur pour un noyer du même âge.

 

Bois énergie
On en parle peu en Suisse, mais en France, le bois énergie serait plus rentable que le bois d’œuvre ou que le fruitier, et moins exigeant en formation de l’arbre et en entretien. Il est obtenu par la coupe des bran­ches sur l’arbre dit têtard, soit un tronc de quelque deux mètres de haut. La coupe intervient en règle générale chaque quinze à vingt ans. Entre deux coupes, on laisse tout pousser une fois l’arbre porté à la bon­ne hauteur. L’arbre têtard a l’avantage de laisser plus de lumière au champ. La récolte des branches est mécanisable et le bois est transformé ensuite en plaquet­tes. Un arbre têtard produit dix fois plus de biomasse qu’un arbre normal.

 

Parmi les essences préférées, le saule, particulièrement le long des fossés de drainage, le frêne ou le châtaignier (première coupe à vint-cinq ans, puis chaque dix ans). Autre débouché possible pour ces branches coupées, leur usage comme BRF (bois raméal fragmenté).  

Pierre-André Cordonier, 20 juin 2014

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DU CHOIX DE LA CULTURE ASSOCIÉE

 


Attention aux dégâts de gibier. Ici, probablement un cerf.
Aux côtés des systèmes de haies et de pâturage boisé ou de vergers avec répartition irrégulière des arbres figurent l’agroforesterie intraparcellaire moderne, avec ses allées d'arbres précisément calculées et ses grandes cultures, herbages ou maraîchage associés. L’agroforesterie peut être combinée avec un grand nombre de cultures. Nous évoquerons ci-dessous la production herbagère et les grandes cultures.
 
Arbres et herbages
Le pâturage boisé traditionnel ou le verger haute tige avec production herbagère est l’option la plus connue en Suisse. Elle oppose moins de con­traintes que l’agroforesterie sur grandes cultures, selon le Rapport ART 725 d’Agroscope, d’autant que  les herbage sont moins sensibles au manque de lumière. C’est la raison pour laquelle, ils con­viennent mieux en association avec des arbres de grande envergure une fois adultes. Deux options possibles: la pâture ou la prairie fauchée.
 
La pâture impose une protection des arbres en fonction des animaux, une tâche difficile. La phase délicate se situe en période de croissance des plants. Durant ce laps de temps, qui peut durer plus de vingt ans, les bovins sont à proscrire, selon Sylvie Monier, de l’Union régionale des forêts d’Auvergne, en particulier si l’on prend l’option du bois d’œuvre. Leur propension à se frotter aux troncs et à brouter les tiges compromettra la qualité des bois. Selon Sylvie Monier, aucune protection ne résiste, exceptée la clôture électrique, quoique le résultat ne soit pas garanti à 100% et que les coûts peuvent être dissuasifs. Chevaux et poney sont aus­si problématiques. En revan­che, moutons et volailles conviendront parfaitement, moyennant une protection adéquate des plants.
 
Arbres et grandes cultures
L’agroforesterie associée à une grande culture est encore très rare en Suisse. Selon le Rapport ART 725, le système peut s’avérer économiquement plus rentable que la monoculture sur le long terme car  la production arboricole compense les mauvaises années dans la culture. Pour établir ce constat, le rapport s’est basé sur une exploitation de 70 noyers fruitiers et à bois à l’hectare en y intégrant les contributions étatiques.
 
Le choix de la culture reste très ouvert lorsque les arbres sont en période de croissance, car la luminosité est largement suffisante. Les cultures d’automne sont toutefois préférées, car elles croissent en bonne partie avant la mise en feuilles des arbres. Même sur une plantation arboricole jeune, où la luminosité est importante toute la saison, la culture d’automne est avantageuse car elle concurrence le développement racinaire de l’arbre – qui se fait avant l’été – le forçant à se poursuivre plus en profondeur. Le semis de cultures exigeantes en lumière comme le maïs et le tournesol seront à évaluer en fonction de la grandeur et de la densité des arbres.
 
Qu’en est-il plus précisément de l’ombrage porté des arbres? Selon Sylvie Monier, une réduction de lumière de moins de 30% n’a pas d’impact sur le rendement en grandes cultures. Au-delà, la productivité diminue. Sur une parcelle de rangées d’arbres espacées de 40 mètres, soit 25 arbres/ha, l’éclairage est réduit quand l’arbre dépasse les 15 mètres, mais les cultures sont peu pénalisées et restent rentables malgré la diminution du rendement. Si l’on augmente la densité à 50 arbres/ha avec des bandes chaque 20 mètres, l’éclairage est réduit dès 15 mètres et dès 20 mètres de hauteur, les grandes cultures ne sont plus rentables. Ce sera le moment de passer à un système fourrager. Pour l’agroforestier, cela signifie se projeter sur vingt à tren­te ans lors de la planification de son projet.
 
Enfin, il reste la question des traitements. Les herbici­des ne sont pas supportés par les feuillus, la prudence est donc de mise lors des premières années de plantation et une réflexion sur le choix de la culture s’impose. Une fois les arbres adultes, ce problème n’est plus d’actualité (ou est de moindre actualité). 

PAC, 20 juin 2014
 


 

 

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