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Le Sitevi fait le point sur le big data et la robotique


Les technologies du numérique font leur chemin en viticulture et en œnologie depuis plusieurs années. Le Sitevi faisait le point sur cette question à Montpellier fin novembre 2017.


Sitevi 2017


Il y a deux ans, le Sitevi organisait une conférence pour faire le point sur les technologies numériques dans l’agriculture et, plus précisément en viticulture. Rebelote cette année: plusieurs conférences et ateliers étaient consacrés à ce thème d’actualité. Ce qui a permis de mesurer à quel point le numérique, le big data et la robotique se concrétisent dans les pratiques vitivinicoles. Les spécialistes placent la rupture technologique il y a quelque 5 ans. C’est à ce moment que le big data a «décollé» ainsi que ses perspectives d’utilisations pratiques.
La dramatisation récente des craintes du grand public face aux produits phytosanitaires ne peut que participer à la promotion de ces outils. On parle aujourd’hui non seulement de réduire les traitements fongiques (mildiou et oïdium), mais de s’en passer sur certaines parcelles et durant plusieurs années, grâce à l’acquisition de données plus complètes et de leur mise en valeur. Les baisses déjà enregistrées font réfléchir.
 
Changement climatique
Le changement climatique est une autre problématique à laquelle le big data permettra peut-être de répondre. Environ 80% de la surface viticole pourrait ne plus être adaptée à l’évolution climatique dans un avenir proche. L’irrigation est un paramètre central dans ce contexte. Des exemples d’une utilisation précisément ciblée de l’eau grâce aux capteurs placés dans les vignes étaient déjà présentés au Sitevi 2015. D’autres études ont été commentées cette année.
L’un des paramètres est la surface foliaire. Supprimer du feuillage afin d’économiser de l’eau tout en évitant de perdre du rayonnement requiert des modélisations complexes. C’est ce que testent l’INRA et le SupAgro de Montpellier. Le vigneron dispose d’un pointeur pour digitaliser la forme des rameaux, la position et la forme des feuilles. Une maquette 3d des surfaces foliaires modélise ensuite le climat tel qu’il est perçu par la plante au cours de la journée. Puis on calcule le rayonnement intercepté par chaque feuille, en rapport avec la fabrication du carbone et l’eau consommée par la plante.
 On a constaté que certaines feuilles du bas, à l’ombre, travaillaient peu tout en transpirant presque autant que les feuilles exposées. Le vigneron en tirera les conséquences lors de ces travaux d’effeuillage et d’écimage.
On s’est également aperçu que la photosynthèse est inhibée lorsque les températures sont très fortes. Des systèmes d’ombrage avec des panneaux solaires pivotants pilotés automatiquement – on parle d’agrivoltaïsme dynamique – sont une des réponses possibles à ce problème, tout en préservant qualité et rendement. Ils sont étudiés par l’entreprise française Sun’R.

Autre exemple au Mas numérique du domaine du Chapitre au sud de Montpellier (lire ci-dessous): des différences de nature du sol sur une parcelle de dimension pourtant modeste ont été identifiées en mesurant la conductivité du terrain. Des analyses ont été ensuite effectuées afin d’expliquer cette diversité et L’irrigation a été adaptée en conséquence. «Ce paramètre est important pour la qualité des vins et leur profil aromatique, par exemple pour un de nos cépages blancs, l’aranel, sensible aux stress hydrique et azoté», explique Thomas Crestey, responsable du Mas numérique. D’autres mesures permettent d’affiner le choix de la date des vendanges.
 
 

Une maquette d'un système d'agrivoltaïsme dynamique. (Photo: P.-A. Cordonier)

 
 
Aussi au pressurage et dans la cuve
Un autre exemple, toujours au domaine du Chapitre: des capteurs de conductivité dans le pressoir évaluent en temps réel le taux d’extraction durant le processus, permettant de déterminer plus précisément en cours de pressurage la destination des jus. Pareil à la cuve: les mesures ont permis un suivi plus précis des fermentations. Manuellement, on arrive à des différences de 4°C entre la température réelle à l’intérieur et celle mesurée classiquement. «Avec le système de mesures et de pilotage automatique que nous utilisons sur deux de nos cuves, nous sommes à 0,3°C d’écart», précise Thomas Crestey.
Des recherches sont en cours actuellement pour permettre de mieux réguler la fermentation alcoolique grâce à des modèles cinétiques et aboutissent à des applications concrètes en permettant notamment de réduire l’utilisation d’énergie (refroidissement) et de gérer l’apport d’azote. Plus futuriste: des études visent à déterminer les relations entre les arômes et le suivi des vins ainsi que celui de la vigne, «un challenge complexe», selon les chercheurs. L’acquisition de données et leur compréhension pourraient permettre ainsi à moyen ou long terme de maîtriser plus précisément encore la qualité des vins.
 
Appel à l'échange des données
Ces avancées ne sont possibles que si les praticiens partagent leurs données. C’est d’ailleurs l’appel qui a été lancé lors de ces conférences. Chacun peut garder jalousement ses informations pour des raisons de compétitivités, mais il est invité à les communiquer plus tard afin qu’elles servent au progrès des pratiques vitivinicoles et agricoles. Il s’agit ensuite de structurer ses données correctement et de les intégrer dans des modèles dynamiques avec les bons programmes, sans quoi elles n’ont aucune valeur. «L’idée est non seulement d’améliorer les pratiques à partir de ce que l’on connaît, mais de découvrir de nouvelles relations entre différents facteurs», s'enthousiasme Pascal Neveu, de l’URM Mistea à Montpellier. L’espoir de pouvoir prévenir, de décider en fonction de données acquises en temps réel et de sortir du bilan de fumure statique classique (on en parlait il y a deux ans déjà) n’est donc pas irréaliste.

D’autres solutions répondent aux inquiétudes des consommateurs vis-à-vis des résidus. Déjà en 2015, la part consacrée aux machines et outils de désherbage mécanique était conséquente. La tendance s'est confirmée à 2017. L'intégration de plus en plus poussée des fonctions entre les tractions et les outils, entre les données des divers chantiers tout au long de l'année, etc. est aussi une tendance qui se renforce d'année en année depuis les premières versions de la norme Isobus et les premières utilisations des cartographies numériques.
 
Diminuer les résidus dans le vin
Quittons temporairement la mécanisation et voyons un peu du côté de la chimie des vins! Parmi les innovations, toujours en lien avec la problématique des phytosanitaires, ou plus précisément des résidus dans les vins, mentionnons l'une des deux médailles d'or du Sitevi 2017. L’entreprise française Laffort a mis au point FlowPure. Il s’agit d’une fibre végétale micronisée pour l’absorption sélective de contaminants du vin destinée à réduire leurs teneurs en ochratoxine A et en résidus de pesticides. Elle diminue ces teneurs de 50 à 95% et n’a pas d’impact organoleptique significatif sur le vin. Prêt à la commercialisation, FlowPure est en cours d’homologation à Bruxelles. «Il pourrait très rapidement l’être chez nous», a indiqué, selon l’Agence romande d’information agricole, Johannes Rösti, d’Agroscope Changins, lors du Forum vitivinicole suisse, le 28 novembre à Berne. FlowPure n’est évidemment pas destiné à corriger la présence excessive de résidus dans les vins issue d'une mauvaise gestion des traitements à la vigne.
 
Un prototype de tracteurs électriques sur l'initiative de vignerons
Les producteurs sont tout autant sensibles à la problématique des phytos et sont même à l’origine d’initiatives audacieuses. Les Vignerons indépendants du Gard ont fait construire un prototype de tracteur électrique viticole. «La baisse des interventions chimiques dans le désherbage entraînera plus de passages avec des outils mécaniques. Ce qui signifie plus d’émissions polluantes. Il existe des enjambeurs électriques depuis deux ou trois ans mais aucun tracteur interligne. Grâce au financement du Conseil départemental du Gard, du soutien technologique de l’Institut universitaire de Nîmes et de l’IMT Mines Alès (ndlr: IMT pour Institut Mines – Télécom), nous avons pu proposer ce tracteur 100% électrique, comparable à un 80 CV. Nous voulons ainsi attirer l’attention des politiques, du public et des fabricants afin de pouvoir le faire produire en série», explique Matthieu Chatin, vigneron au Château d’or et de Gueule et président des Vignerons indépendants. Le prototype fait 3,5 m de long et 1,4 de large pour 1,7 tonne. Il a un surcoût de 25 à 30% par rapport à un tracteur classique, rattrapable par les économies de carburants: la recharge des batteries coûte 6 à 8 euros par jour. Il est doté de batteries interchangeables de 4 heures d’autonomie chacune et pouvant être rechargées en une heure, selon Matthieu Chatin.
 
 

Le président des Vignerons indépendants du Gard Matthieu Chatin accoudé au prototype de tracteur électrique. (Photo: P.-A. Cordonier)


A noter que Fendt a déjà présenté un prototype de tracteur électrique, compatible avec la vigne semble-t-il, qui pourrait être commercialisé dans une ou deux années. Il n’était pas exposé au Sitevi car le projet est encore à l’étude.
 
Un robot vigneron
Nous avons peu parlé de la robotique. Mentionnons au moins l’entreprise Naïo dont on connaît déjà le robot mécanique Oz destiné au désherbage en maraîchage. L’entreprise française annonçait un «robot vigneron enjambeur»
au Setevi 2015 en présentant son schéma lors d’une conférence sur le big data (voir le lien ci-dessous). Ted, développé par Naïo en partenariat avec l’Institut français de la vigne et du vin et le LAAS (laboratoire de robotique), était présent cette année sur le salon. Entièrement autonome, Ted assure l’entretien de vignoble d’une superficie d’environ 20 hectares, peut-on lire sur la notice de l’entreprise, et son débit de chantier est de 5à 6 hectares par jour pour une vitesse de 4 km/h et une autonomie de 6 à 8 heures. Des capteurs optiques et lasers permettent de passer au plus près des plants. Sa première application est le désherbage mécanique. Ted répond ainsi à la volonté de diminuer l’utilisation de produit sanitaire. «Mais d’autres fonctionnalités sont étudiées, comme la tonte, l’épamprage, le rognage ou encore la pulvérisation», explique Naïo.
 

Le robot viticole de Naïo Technologies annoncé en 2015 et présenté au Sitevi en 2017. Sur la photo, Thibaut Delacroix (à gauche) et Paul Pampuri. (Photo: P.-A. Cordonier)


Filet anti-dérive
Pour poursuivre avec les problématiques des produits phyto, l’entreprise Filpack propose de réduire, voire supprimer les risques de dérive lors des traitements en posant un filet anti-dérive en bout de champ. D’une hauteur de 3 mètres sur une longueur maximale de 100 mètres linéaires par filet, Alt Derive peut-être enroulé puis déroulé selon besoin. Sa durée de vie est estimée de 10 à 15 ans. Le coût de base est de 1 euro/m2, mais peut varier sensiblement selon les contextes. Filpack vend en direct en Suisse et travaille régulièrement avec des clients arboriculteurs.
 

Le filet anti-dérive de Filpack qui peut-être remonté. Pour la démonstration sur le stand, la hauteur a été tronquée: le filet fait trois mètres

de haut. (Photo: P.-A. Cordonier)

Mentionnons encore – puisque nous avons parlé d’irrigation – les goutte à goute Uniwine AS XR de l’entreprise Netafim France qui a reçu le bronze au Sitevi 2017. Cette ligne de goutteurs est destinée à l’irrigation enterrée en viticulture, un système qui laisse le rang entièrement libre pour le travail du sol. L’innovation ici consiste en la réalisation de goutteurs à base d’oxyde de cuivre incorporé à la résine. Cet oxyde de cuivre a des propriétés antibactériennes. Il freine l’intrusion de racines et limite le développement de biofilm. Ces goutteurs sont autorégulants, auto-nettoyants et dotés d’un mécanisme anti-siphon. Ils offrent ainsi une grande durabilité «avec un maintien du débit nominal (pas de bouchage) sans risque d’entrées d’impureté après vidange du réseau», et surtout, il faut le souligner, sans propagation du cuivre vers le sol, peut-on notamment lire sur la notice du Sitevi.

D’autres innovations rejoignent les préoccupations actuelles en faveur d’une production plus naturelle. Concluons avec Diam: l'entreprise française a reçu le bronze pour son bouchon «Origine by Diam» composé de liège et d’un liant naturel à base de cire d’abeilles et de polyols 100% végétaux. Ose-t-on dire, après l'avoir humé, qu'il sent un peu le miel? Une chose est garantie par Diam: son produit ne communique pas d'odeur au vin.
Pierre-André Cordonier, le 15 décembre 2017
 

Des cuves aux formes originales. La halle consacrée à
l'oenologie était bien fournie. (Photo: P.-A. Cordonier)


La gamme de bouchons "Origine by Diam" avec liant à base
de cire d'abeille. (Photo: P.-A. Cordonier)

 
 
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UN BANC D'ESSAI POUR LES SOLUTIONS NUMÉRIQUES
 
 

Thomas Crestey, responsable (à gauche), et Yoann Valloo gèrent le Mas numérique près de Montpellier. (Photo: P.-A. Cordonier)


La volonté de créer un site de démonstration des technologies numériques appliquées à la viticulture sur le domaine du Chapitre à Villeneuve-lès-Maguelone, au sud de Montpellier, était annoncée au Sitevi de 2015. Depuis une année, ce projet assez inédit est devenu réalité et fédère quatorze entreprises, dont Smag, Vivelys, ITK, Pera-Pellenc ou encore Bayer. Le domaine est piloté par Montpellier SupAgro, établissement public à caractère scientifique et destiné à la formation des ingénieurs agronomes.

Des solutions complémentaires
Le principe est d’intégrer des solutions technologiques commercialisées à toutes les étapes de la production sous deux axes: d’une part, optimiser la protection des plantes, ce qui inclut évidemment la diminution des produits engagés, en particulier pour le mildiou et l’oïdium; d’autre part, améliorer la qualité, ce qui inclut la maîtrise de différents facteurs, dont l’irrigation. Toutes ces solutions ont été choisies en fonction de leur complémentarité: que ce soit la station qui relève tous les paramètres météo (températures, humidités, etc.) toutes les 15 minutes, les capteurs tout récents équipant un pulvérisateur en fonction depuis 15 ans, afin d’être au plus proche des conditions réelles des exploitations, les capteurs sur les vignes, au pressoir et dans les cuves, les cartographies détaillées géographiques et historiques du domaine (climat, végétation, conditions, etc.), les logiciels de traitement de ces données, etc.
 
De simples utilisateurs
«Nous ne faisons pas de comparaison entre des technologies destinées à une même tâche, ce n’est pas notre but», explique Thomas Crestey, responsable du Mas numérique. La plate-forme ne fait pas non plus de recherche. «Notre originalité est que nous sommes un domaine en production et que nous nous positionnons comme utilisateurs de ces techniques présentes déjà sur le marché», précise Thomas Crestey. Quels intérêts pour les entreprises participantes? «Un enjeu crucial pour elles est de tester l’interopérabilité des données. Le développement du numérique et du big data implique tellement de corps de métiers différents que les entreprises seront sans aucun doute forcées d’assurer la compatibilité de leurs données entre elles. Il est très improbable qu’une seule firme puisse fournir ses propres solutions tout au long de la chaîne», estime le responsable.

Le viticulteur décide et non le programme
Une précision importante: les logiciels ne prescrivent pas ce qu’il faut faire. «Le programme ne dit pas qu’il faut traiter ou non, il ne dit pas quand il faut vendanger, mais il va indiquer par exemple que le risque de mildiou est élevé sur telle parcelle. C’est le viticulteur qui décidera des mesures à prendre», explique Thomas Crestey. Le Mas numérique est également une plate-forme pour les étudiants en agronomie qui ont la possibilité de compléter leur formation dans les outils numériques.
Pierre-André Cordonier, le 15 décembre 2017

Voir aussi:
http://lemasnumerique.agrotic.org/visite-virtuelle/ pour une visite virtuelle du Mas numérique ou cliquez directement ici
.
Voir aussi la galerie sur www.agrihebdo.ch > Photos > Le Sitevi 2017

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«C’est une mise au vert»



 
Interview
de THIERRY GROSJEAN,
Caves du Château d’Auvernier

 
Thierry Grosjean représente la 14e génération à la tête du domaine vitivinicole familial du château d’Auvernier (NE). Un domaine de 43 hectares. L’encavage produit quel­que 400 000 bouteilles par an.

Etes-vous un habitué du Sitevi?
Je m’efforce de m’y rendre à chaque édition. Cette année, j’étais accompagné de mon fils Henry, qui reprendra à terme le domaine, de mon chef de culture Eric Muster, de mon maître de chais et œnologue Frédéric Droz et de mon gendre Yann Vlaenderen, ingénieur viticole et œnologue. Nous apprécions le Sitevi au vu de sa relative proximité. De plus, l’organisation est excellente et l’accueil convivial.

Pourquoi aussi souvent?
Il est important pour nous de suivre l’évolution technologique, d’évaluer nos équipements. Investir dans le matériel lorsque les affaires marchent permet de repousser de nouveaux achats dans les périodes difficiles. C’est aussi une mise au vert des cadres durant le voyage permettant de discuter des options pour l’entreprise, hors des contingences quotidiennes. Nous y rencontrons également nos fournisseurs.

Qu’avez-vous cherché et découvert cette année?
Nous cherchons des machines qui respectent l’environnement ainsi, bien sûr, que le raisin et le vin. Cette année, nous nous sommes focalisés sur le désherbage mécanique sous le rang, car en supprimant sur nombre de parchets les herbicides et en les remplaçant par plus d’interventions mécaniques, nous observons des phénomènes d’érosion. Nous devrions avoir trouvé une solution qui sera testée en 2018. Côté phyto, le bio entraîne également plus d’interventions, et donc plus d’émissions de CO2: nous suivons ce qui se fait en mécanisation électrique, mais le chemin est encore long.
Propos recueillis par Pierre-andré Cordonier, le 15 décembre 2017
 
 
 
 
 

 

 

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