Menu
 

Limiter la casse avec une assurance


Plusieurs éleveurs choisissent d’assurer leurs animaux de rente. Pour eux, la couverture représente un gage de sécurité. Quelques compagnies seulement proposent des solutions pour les animaux de rente.


Dossier_3621_gestion


Plusieurs éleveurs choisissent d’assurer leurs animaux de rente. Pour eux, la couverture représente un gage de sécurité. Quelques compagnies seulement proposent des solutions pour les animaux de rente.

 

Si un agriculteur est forcé de s’assurer contre les maladies et accidents, il n’existe pas de telles exigences pour ses animaux. Des directives sont édictées au niveau des épizooties mais pour le reste, il s’agit d’une décision personnelle. En Suisse, plusieurs compagnies d’assurances proposent une couverture pour les chiens et les chats, elles sont plus rares à s’intéresser aux animaux d’élevage. Les couvertures ont souvent deux niveaux, avec un premier palier qui comprend les risques «naturels», soit les chutes de pierres, glissements de terrains, éboulements, incendies ou la foudre, etc. Puis un second palier qui concerne les accidents et parfois les maladies. Il s’agit fréquemment d’un forfait pour tout le troupeau. Suite à un dommage, l’indemnisation est calculée selon la valeur marchande de la bête ou selon la valeur définie par le preneur d’assurance.


Il y a encore quelques années, des assurances collectives dans les villages étaient à disposition des agriculteurs mais la plupart ont été dissoutes. Aujourd’hui, seules les assurances privées restent à disposition des éleveurs. Ces derniers ont des avis divergents sur la nécessité ou non de s’assurer. Si pour certains, une couverture est essentielle afin de limiter les frais en cas de dommages, pour d’autres il est plus important de faire en sorte que les accidents n’arrivent pas. «Lorsqu’un incident se produit, c’est souvent grave et l’éleveur assuré est content de toucher une indemnisation. Mais comme ces gros accidents ne sont pas fréquents, des agriculteurs estiment qu’ils peuvent supporter les coûts», relève Thomas Jäggi, responsable suppléant de la division Economie animale au sein de l’USP. Les bêtes qui séjournent hors du domaine, dans les alpages notamment, sont davantage assurées.


Couverture spécifique pour les marchés

Une assurance est souhaitée pour les animaux amenés dans un marché. C’est pourquoi, Proviande a fondé une assurance privée il y a quelques années. Des cantons toutefois ont leur propre système, comme Vaud et Fribourg. Pour une vache, le tarif est de 13 francs. «C’est l’agriculteur qui paie mais c’est une bonne garantie pour lui. Si la bête abattue présente un défaut, l’abattoir va se retourner contre le marchand qui va lui se retourner contre le paysan. Avec la CH Assurance du bétail de boucherie, il n’y a pas de mauvaises surprises, ni pour le paysan ni pour l’acheteur», témoigne Peter Schneider, gérant du département classification et marchés au sein de Proviande, qui précise que les cysticercoses, par exemple, sont relativement fréquentes et ne peuvent pas être détectées au préalable. L’assurance de Proviande se réfère au certificat du vétérinaire de l’abattoir. Le montant versé à l’acheteur est défini selon les morceaux et selon le prix acheté par le marchand sur le marché.

 

Cas des épizooties

Une disposition particulière est prévue pour les épizooties. «Il s’agit en principe de caisses, plus que d’assurances, gérées par les vétérinaires cantonaux. Certains cantons prélèvent un montant selon les effectifs des animaux et d’autres estiment qu’ils ont suffisamment de ressources», relève Thomas Jäggi qui ajoute: «Si une vache avorte, le vétérinaire doit prélever un échantillon. Selon les cantons, l’examen est aussi pris en charge par ces caisses».

Il existe des spécificités et notamment sur Fribourg où chaque éleveur doit obligatoirement être assuré auprès de Sanima, l’assurance qui gère les cas d’épizooties. «Pour les animaux de l’espèce bovine, cette assurance couvre également le risque de mortalité consécutive à l’incendie, la foudre, l’avalanche, l’éboulement ou l’inondation», explique l’administrateur Michel Roulin. L’assurance entre en matière sur la base des décisions vétérinaires. Comme elle gère aussi les centres d’élimination, les éleveurs ne versent rien pour un animal lorsqu’il arrive au centre de collecte. 

Sarah Deillon, 10 septembre 2021

 

 

PREVENIR LES RISQUES


Plusieurs exploitants font le choix de ne pas assurer leurs animaux car ils estiment qu’ils peuvent supporter ces risques occasionnels. Frédéric Schrago, éleveur à Middes (FR), s’est renseigné il y a quelques années et il a estimé que la couverture d’assurance lui reviendrait trop cher. «Nous avions aussi un peu peur qu’il y ait des conditions de prise en charge.» C’est pourquoi, l’éleveur et son frère ont choisi d’être responsables et de faire en sorte qu’il ne se passe rien. «Nous évitons les points faibles des stabulations. Nous avons par exemple des tapis dans les couloirs ou des cornadis anti-pendaison. Des investissements coûteux mais que nous avons estimé être bénéfiques. Nous sortons aussi les bêtes en chaleur pour prévenir les risques.»

SD, 10 septembre 2021

 

____________________

SPECIFICITES DE CHAQUE COMPAGNIE

 

Les couvertures proposées divergent entre les compagnies d’assurances. Trois assureurs ont répondu à nos questions.


La Mobilière

En complément à son module «inventaire agricole et frais», La Mobilière propose des assurances pour les animaux contre: les incendies et la foudre, les dommages naturels (avalanche, chute de pierres, éboulement), les accidents. Il n’existe pas de couverture pour la maladie. «Les agriculteurs cherchent en principe à obtenir des liquidités pour pouvoir remplacer rapidement l’animal et atténuer les pertes», relève Isabelle Schmidt-Duvoisin, porte-parole de La Mobilière. L’assurance accident entre en matière lorsque l’état physique de l’animal change brusquement. «Il peut s’agir d’une vache qui glisse à l’écurie ou qui se blesse lors d’un chevauchement ou encore qui perd pied dans une pente, etc. En revanche, un vêlage difficile n’est pas un accident. Et une chute postvêlage due à une hypocalcémie est aussi exclue.» L’assurance est d’office contractée pour l’entier du troupeau. «Pour définir la valeur assurée, nous nous basons sur les prix du marché, mais aussi sur les certificats d’ascendance et les performances», relève Fredy Niedermann, inspecteur pour la branche agricole. La Mobilière couvre aussi les frais de sauvetage, transport, élimination et endormissement.


Epona

Au sein d’Epona, il existe 3 assurances pour les bovins: assurance vie en cas de décès suite à un accident ou une maladie aiguë, assurance temporaire pour l’estivage, assurance pour les reines du Valais. Et pour chacune, il est possible d’ajouter: feu et foudre, dommages élémentaires, vol et disparition, veau à naître, IBR/IPV et fièvre aphteuse. Ces assurances vie sont aussi disponibles pour les autres catégories d’animaux d’élevage. Pour les chèvres et moutons par contre, seules des assurances temporaires sont proposées. «Si une vache glisse à l’écurie et qu’elle décède, nous allons intervenir. De même si elle meurt après avoir ingéré du métal. Mais nous ne couvrons pas les frais vétérinaires pour les bovins et autres animaux de rente», souligne Mélissa Darioli, conseillère chez Epona. La compagnie propose aussi des couvertures individuelles, ce qui permet aux éleveurs de sélectionner les animaux à assurer. L’indemnisation se fait uniquement selon la valeur des animaux, en fonction de ce qu’a annoncé le propriétaire. Epona ne couvre pas les frais de sauvetage, de transport ou d’élimination.

Vaudoise Assurances

Au sein de Vaudoise Assurances, l’assurance pour les animaux est liée à la couverture du reste du domaine. Les risques pris en compte sont les suivants: incendie, événements naturels, dégât des eaux, bris de glace, vol, vandalisme, hygiène alimentaire, perte d’exploitation. Une assurance supplémentaire existe pour les accidents mais il n’y a rien pour la maladie. «Les éleveurs cherchent à transférer les risques les plus importants qui pourraient mettre en danger la pérennité financière de leur domaine», souligne Carole Morgenthaler, porte-parole de Vaudoise Assurances, qui ajoute: «Nous assurons tout type d’accident. Sont exclus seulement les cas qui surviennent lors de combats, d’expositions de plusieurs jours ou de transports.» La couverture s’applique d’office à l’ensemble du troupeau. En cas de mort de l’animal, le dédommagement est défini selon sa valeur de remplacement (selon le prix courant de l’espèce et selon une estimation d’un expert), en tenant compte des frais relatifs aux certificats vétérinaires, des frais d’évacuation, de sauvetage et de transport.

SD, 10 septembre 2021

 

____________________

C'EST VOUS QUI LE DITES

 

Pourquoi avez-vous choisi d’assurer votre bétail et êtes-vous satisfaits?

 

Alain Jeannin

Eleveur, Les Bayards (NE)

 

«Mon exploitation compte 33 vaches laitières de diverses races, ainsi que 18 jeunes animaux. Les vaches sont actuellement attachées mais je suis en train de construire une stabulation. Mon père était assuré auprès de La Mobilière et j’y suis resté lorsque j’ai repris l’exploitation en 2008. Initialement, je n’avais qu’une assurance générale pour l’entier du domaine et rien pour le bétail, mais un jour en 2012, une génisse est descendue trop vite de la bétaillère et s’est cassé le pied. Des collègues agriculteurs m’ont encouragé à contracter une assurance aussi pour les animaux. Les premières années, je n’ai pas servi mon assurance mais en 2019, nous avons perdu un taureau. Du jour au lendemain, il est devenu agressif et il s’est blessé sur les fourches de notre transporteur. Nous avons repris un plus jeune mais à peine était-il avec les génisses qu’il s’est aussi blessé. La Mobilière a été d’accord d’intervenir dans les deux cas. Cette année, nous avons aussi fait appel à eux suite à un fort épisode de grêle qui a blessé trois bêtes fin juin. Certes nous n’avons pas besoin chaque année de la couverture mais au moins, lorsque la tuile nous arrive sur le coin de la tête, nous savons que nous allons toucher quelque chose et qu’il ne s’agit pas d’une pure perte. Cela fait mal de perdre un animal, je ne considère pas que je paie une assurance dans le vide.»

 

Stéphane Darioly

Eleveur, Martigny (VS)


«Dans mon exploitation, j’élève une centaine de têtes de bétail, dont une soixantaine de la race d’Hérens. Cela fait environ 25 ans que j’ai souscrit une couverture d’assurance auprès d’Epona. Avant cela, nous avions une caisse d’assurance commune mais elle a été dissoute. Je trouve essentiel de protéger mes bêtes car l’élevage a un certain coût. Néanmoins, je n’ai jamais fait de surenchère et j’ai toujours assuré mes animaux selon un montant moyen standard. Il est surtout important de couvrir les risques liés aux accidents et aux maladies mais, pour ma part, j’ai opté pour une couverture complète, qui prend en charge tous types de risques. La race d’Hérens peut être fragile, notamment lors des vêlages qui peuvent parfois s’avérer compliqués. Le principal avantage de l’assurance Epona, c’est la possibilité de pouvoir assurer seulement certains animaux du troupeau. Dans mon cas, la couverture est intéressante pour les jeunes animaux, jusqu’au premier ou deuxième veau car c’est là qu’il y a le plus de risques. Après cette période critique, je ne garde la couverture que pour les meilleures bêtes. Il faut préciser que les vaches d’Hérens qui sont confirmées sont très surveillées, réduisant ainsi les risques. L’assurance m’a été utile lors de diverses blessures, par exemple pour une corne cassée ou une sortie de matrice.» 

SD, 10 septembre 2021 

 


 

 

Prix du marché

Chaque semaine, suivez l'évolution des prix du marché de la viande, en conventionnel ou sous label: bovins, porcs, ovins. Consultez aussi les prix de la vente directe, des marchés surveillés et de Proviande.

Conseil de saison

Conseil de saison

Le conseil de saison est désormais disponible toutes les deux semaines dès le mercredi après-midi avant l'édition. Son accès est réservé aux abonnés.

Voyages

Découvrir la Grèce et son agriculture, les trésors de la Corse ou la Géorgie et son histoire légendaire: vous pouvez d'ores et déjà vous inscrire à ces trois premiers voyages concoctés pour les lecteurs d'Agri. Cliquez ici

Agri - Hebdomadaire professionnel agricole de la Suisse Romande
Site web réalisé par www.webexpert.ch

Actualités

Cette semaine

Dossiers

Prix du marché

Photos

Vidéos

Archives

Voyages

A table

Boutique