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Bien gérer la mise-bas chez les truies pour éviter le recours aux antibiotiques


Une mise-bas bien gérée permet de limiter le recours aux antibiotiques, a expliqué le vétérinaire Vincent Chamoulaud, lors d’une rencontre d’éleveurs porcins vaudois et fribourgeois.


Mise-bas truie


Une dizaine d’éleveurs vaudois et fribourgeois, membres de l’association «Perfectionnement en Elevage Porcin» animée par Proconseil, étaient réunis vendredi 28?juin à Valeyres-sous-Rances sur l’exploitation A bon Porc SA. Objectif du jour: se perfectionner sur les thèmes de la gestion de la mise-bas et la réduction de l’utilisation des antibiotiques chez les truies. Venu spécialement pour l’occasion, le vétérinaire français Vincent Chamoulaud, de la clinique Sudelvet Conseil, a partagé son expérience.

Diverses pathologies
En élevage porcin, on rencontre différentes pathologies soit sur des individus de manière isolée, soit sur une partie du cheptel.

Les pathologies infectieuses peuvent être d’origine virale, parasitaire ou bactérienne. Seules ces dernières relèvent d’un traitement antibiotique. «Elles sont loin de représenter la majorité des problèmes mais il faut tout de même rester vigilant au cas où un traitement antibiotique s’avèrerait nécessaire», a souligné le vétérinaire. Parmi ces infections bactériennes, on peut citer l’arthrite ou le panaris, ou encore, en lien avec la mise-bas, le syndrome MMA (mammite métrite agalaxie) qui provoque une congestion et une infection des mamelles. A noter que l’origine bactérienne est plus rare dans les pathologies collectives que dans les pathologies individuelles.

D’autres pathologies peuvent être rencontrées qui ne nécessitent pas de traitement antibiotique. Il s’agit des troubles non infectieux d’origine métabolique, traumatique ou toxique.
 
Préparation à la mise-bas
Pour que la mise-bas se passe au mieux, certaines précautions sont importantes. Certains points sont des facteurs de risque. 
- L’état de la truie, notamment si elle est trop grasse,
- Des pathologies bactériennes pré-existantes, notamment urinaires et liées aux aplombs.
- La constipation: elle favorise le syndrome MMA et la fragilité utérine qui peuvent dégénérer en métrite. Pour l’éviter, la formulation des aliments et la teneur en cellulose doivent être adaptées. On peut aussi avoir recours à des produits drainants et favorisant le fonctionnement hépatique.
- L’abreuvement doit être suffisant. Certaines truies ne sont pas habituées à autre chose que de la soupe et ne boivent pas suffisamment. Le vétérinaire indique avoir remarqué que quand les truies disposent de suffisamment d’eau ou quand des repas d’eau complémentaires sont distribués, le taux de morts-nés est moindre.
- L’hygiène des animaux et des locaux: une hygiène déficiente peut favoriser les remontées de germes dans la matrice.
 
Mise-bas
Lorsque la mise-bas se déroule bien, il ne doit pas y avoir trop d’attente entre deux porcelets. Les deux premiers sont parfois un peu plus longs à sortir, mais ensuite, on peut prendre comme point de repère 20?minutes entre deux porcelets. Cela signifie qu’il faut compter 4h pour une portée de 12 porcelets.

S’il y a plus de 30?minutes entre deux naissances, il faut intervenir. La première chose à faire est de noter si la truie a des contractions. Dans un second temps, il faut réaliser une fouille en prenant toutes les mesures d’hygiène nécessaires. Le problème peut être d’origine mécanique (porcelet coincé, mauvais positionnement du col ou encore descente d’organes, notamment chez les truies âgées). Une solution qui fonctionne parfois est de faire lever la truie et de la faire se déplacer. Cela peut suffire à redonner un peu de tonus et à décoincer les porcelets. Un autre problème peut venir du col pas assez dilaté. Dans ce cas, on peut avoir recours à un médicament adapté.

En l’absence de problème mécanique, il est recommandé de stimuler les contractions par massage de la mamelle ou en faisant téter les premiers nés. Cela génère une sécrétion d’ocytocine, plus efficace que celle que l’on peut administrer en injection intramusculaire. A noter que l’apport de calcium en complément est efficace: si l’ocytocine donne l’impulsion de la contraction, le calcium, lui, donne au muscle la force de se contracter.Attention toutefois, l’ocytocine administrée en injection peut s’avérer très douloureuse. Le risque de surdose est à surveiller. On préconise une injection, éventuellement renouvelable, avec un espace d’une heure entre deux.

Après la mise-bas, il est conseillé de sécuriser la vidange utérine (c’est-à-dire la délivrance) pour réduire le risque de métrite. Une bonne vidange utérine a également un impact positif sur le retour en chaleur. Le principe actif «ergométrine» peut être utilisé en fin de mise-bas pour aider à faire sortir d’éventuels derniers porcelets et à entamer la vidange. Les prostaglandines seront plutôt administrées 36 à 48?heures après la mise-bas. En France, ces produits sont recommandés assez fréquemment voire systématiquement.
 
Post-mise bas
Une surveillance s’impose après la mise-bas. Il est important d’observer les animaux, mais il faut veiller à ne pas trop intervenir au risque de déranger les truies et d’avoir un effet contre-productif.

Certains prennent la température sur tous les animaux, d’autres pas. Après la mise-bas, il est important de faire la différence entre une truie en hyperthermie et une truie qui a de la fièvre. Au-delà de 39,5 degrés, il est important d’observer les signes généraux. Si la truie mange, allaite et ne présente aucun signe anormal tel qu’induration de la mamelle ou écoulement vulvaire, il n’y a pas lieu d’intervenir; une surveillance suffit.

Les complications après la mise-bas sont le plus souvent en lien avec des douleurs et des inflammations qu’avec des infections. Des truies agressives, qui ne mangent pas, qui restent couchées sur le ventre et ne se laissent pas téter sont des signes d’alerte. A noter que les cochettes sont plus facilement concernées. Ici aussi, il n’est pas forcément justifié de distribuer directement un antibiotique. En première intention, il convient de donner un anti-inflammatoire. Il sera efficace dans une grande majorité des cas, en soulageant la truie et en faisant baisser la fièvre. Les corticoïdes, avec un large spectre d’efficacité, sont toutefois à réserver aux cas graves car ils sont défavorables à la lactation et ont un effet immuno-dépresseur. Il faut éviter de renouveler les injections.

L’antibiothérapie peut être mise en œuvre en deuxième intention, si des signes évoquent une infection (mammite, écoulements purulents, déchirure de vulve) et si le traitement anti-inflammatoire n’a pas permis d’amélioration. A noter que les vraies mammites sur truies sont, d’après le vétérinaire, relativement rares; on a en général plus souvent affaire à des congestions mammaires. Vincent Chamoulaud estime qu’au final, 10 à 20% des truies nécessitent réellement un traitement antibiotique.
EF, 12 juillet 2019

 

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