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Les pellets de roseau de Chine forment une excellente litière pour les équidés


Très absorbants, les granulés de roseau de Chine, s’avèrent être une alternative intéressante aux litières habituelles. Les pellets de miscanthus conviennent très bien aux chevaux.


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Si la paille reste le matériau le plus utilisé comme litière dans les box à chevaux, il existe d’autres choix possi­bles. Parmi les alternatives, le miscanthus commence à se faire une réputation. Haché ou en pellets, le roseau de Chine, appelé aussi miscanthus, revêt plus d’un avantage.

Agriculteur à Murist (FR), Florian Fünfschilling détient une cinquantaine de chevaux en pension et à la retraite (lire ci-dessous). Après avoir testé différentes litières, il propose aujourd’hui aux propriétaires de ses chevaux deux types de couche: la paille ou les bouchons de miscanthus.

Qualité de la litière

Le roseau de Chine a une capacité d’absorption parti­culièrement élevée. Les pellets de miscanthus retiennent donc bien l’urine. Ils permet­tent ainsi aux animaux de garder les sabots au sec, ce qui réduit le risque de développement de pourritures. Le roseau de Chine a aussi l’avantage de ne pas être appétant pour les chevaux. «Aucun cheval n’en mange», relève Florian Fünfschilling. «La litière ne peut donc plus provoquer de coliques.»

Au niveau du confort, le miscanthus forme une litière parfaitement adaptée aux équidés. «Mais rien n’égale tout à fait une bonne couche de paille», estime le Fribourgeois. «D’autant que cette dernière peut aussi servir de matériau d’occupation pour les chevaux, contrairement au roseau de Chine.»

L’agriculteur de 38 ans a testé différents pellets de miscanthus. «Tous ne sont pas d’égale qualité!» Pour bien absorber, le roseau doit être haché finement, mais pas trop pour ne pas générer de poussières. «Quand il fait très sec, il y a quand même de la poussière. En arrosant les box nous limitons ce problème», précise Florian Fünfschilling. Malgré cela, le Haras national considère que cette litière convient aux animaux allergiques.
 


Disponibilité
En Suisse, les producteurs de roseau de Chine se sont faits rares depuis que cette culture n’est plus soutenue par des paiements directs. Il n’est donc pas évident de trouver des pellets indigènes sur le marché. «Et la fabrication de bouchons en Suisse est trop chère. C’est impossible d’être concurrentiel», note Florian Fünfschilling. Après avoir testé du miscanthus d’Ukraine et de France, il a choisi de se fournir chez un fabricant en provenance de Bourgogne. Comme il est impossible de trouver du roseau de Chine en big bag, l’agriculteur achète des palet­tes de sacs de 15 kilos. Pour chaque box, il compte 80 kilos de pellets par mois.

Volume des stockages

L’un des problèmes majeurs de la paille, c’est le volume de fumier qu’elle engendre. «Avant, nos deux fumières étaient constamment pleines», commente Florian Fünfschilling. «Pour 6 box individuels de chevaux à la retraite, je sortais trois brouet­tes de fumier de paille chaque matin. Aujourd’hui, cela correspond à une demi-brouette de fumier de miscanthus.» Avec le roseau de Chine, non seulement le volume de fumier est drastiquement réduit, mais la qualité de ce dernier s’en trouve nettement améliorée. Il contient davantage de crottin et fuse plus facilement. Et contrairement au bois, le miscanthus n’acidifie pas les sols.

En optant pour cette nouvelle litière, le Broyard a également pu libérer de la place de stockage dévolue auparavant à la paille. «Avec l’été qu’on a eu, j’étais content de pouvoir acheter tout le foin nécessaire avant que les prix ne grimpent trop», s’exclame-t-il.

Prix et charge de travail
Comparativement à d’autres litières, le prix des granulés de roseau de Chine est relativement élevé. «Je paie cette litière 42 francs par quintal. C’est assez cher», concède Florian Fünfschilling.

Son exploitation contenant plus de 40 box individuels, l’entretien quotidien de la litière représente d’importants travaux de maintenance. «Avec le roseau de Chine, c’est beaucoup plus simple de sortir les crottins et l’urine qu’avec la paille. J’estime que c’est 40% plus rapide, indique-t-il. Au final, j’en ressors gagnant!»
Vincent Gremaud, 14 décembre 2018


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PETIT PARADIS POUR LES CHEVAUX À LA RETRAITE

Depuis quarante ans, le cheval règne en maître à la ferme de la Molière. C’est en effet en 1978 qu’Urs et Daisy Fünfschilling ont acheté le domaine situé sur la commune broyarde de Murist (FR). «Mes parents se sont spécialisés dans la détention d’étalons poulains», explique leur fils Florian. S’occuper de chevaux mâles non castrés, du sevrage au débourrage, est une activité qui requiert beaucoup de savoir-faire. «C’est si difficile que pres­que personne ne le faisait dans toute la Suisse.»

Un animal de compagnie

A la tête de l’exploitation familiale depuis 2017, Florian Fünfschilling abandonne cette activité et se consacre à la détention de chevaux en pension ou à la retraite. En tout, près de cinquante chevaux ont élu domicile à la ferme de la Molière. Une trentaine d’entre eux sont des animaux à la retraite.

«La demande a changé, constate le jeune Broyard. Le cheval est passé d’un animal de rente à un animal de compagnie.» Aujourd’hui, de plus en plus de propriétaires de chevaux de sport ou de loisir ne peuvent plus imaginer tuer leur compagnon lorsque ce dernier n’est plus apte à être monté. Pour les propriétaires, la mise à la retraite de leur cheval est souvent un moment empreint de fortes émotions. «Il faut en être conscient», insiste Florian Fünfschilling.

Du mouvement et des soins

Les besoins des chevaux à la retraite diffèrent légèrement de ceux qui sont encore actifs. «Nous les sortons un maximum au pâturage», indique l’agriculteur. «Ici, ils peuvent finir leur vie dignement, en s’ébattant dehors avec leurs congénères.» Ces très longues et régulières sorties contribuent à maintenir en forme les vieux chevaux. Mais cela nécessite de consacrer une part importante de la surface agricole utile de l’exploitation (26 hectares au total, entièrement recouverts d’herbages) à la pâture.

Les chevaux âgés ont aussi besoin d’une attention et de soins particuliers. Les pensionnaires de Florian Fünfschilling consultent par exem­ple régulièrement un dentiste pour chevaux. «L’une des particularités de mon exploitation, c’est que les bâtiments contiennent de nombreux box individuels», souligne l’agriculteur. «C’est plus pratique pour effectuer les soins, et cela me permet d’adapter l’affouragement individuellement.»

Charge en travail allégée
Le fait que ces chevaux passent le plus clair de leur temps au pâturage réduit grandement le temps nécessaire à l’entretien de leurs box. «Cela demande la moitié moins de travail que pour un cheval actif», précise Florian Fünfschilling. Le prix fixé par le Fribourgeois pour la pension mensuelle d’un cheval actif se situe entre 750 et 800 francs alors que pour un cheval à la retraite, il facture entre 550 et 650 francs par mois au propriétaire. «Les propriétaires de ces derniers forment une clientèle élitiste», reconnaît-il.
VG, 14 décembre 2018
 

 

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