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Miser sur l'herbe fraîche dans la ration


Il est possible de produire du lait de manière efficace avec un affouragement basé sur l’herbe fraîche, d’après les résultats du projet Hohenrain II, récemment présentés.


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Avec plus de 70% de la SAU constitués de prairies et pâturages, la Suisse a tout intérêt à valoriser l’herbe dans la production laitière. Pour encourager les éleveurs à miser sur cet or vert, le projet Hohenrain II a été mené par la Haute école de sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL) et le Berufsbildungszentrum Natur und Hochschule für Agrar-, Forst- und Ernährung (BBZN) Hohenrain. Son but: identifier des pistes d’optimisation des systèmes laitiers basés sur l’herbe fraîche. Les résultats ont été récemment présentés aux spécialistes et aux praticiens. Vendredi 15 septembre dernier, un public nombreux avait fait le déplacement à Zollikofen à cet effet.

 

Fourrage bon marché

Le projet Hohenrain I avait comparé les systèmes avec ration totale mélangée (RTM) et les systèmes avec pâture intégrale. Il avait montré que l’affouragement avec une RTM fonctionne bien mais reste onéreux dans le contexte suisse avec des exploitations de petite taille. En Suisse, un affouragement basé sur l’herbe fraîche, soit à la crèche soit au pâturage, peut donner des résultats supérieurs à la moyenne. L’herbe est en effet bon marché, notamment parce qu’il n’y a pas de pertes de conservation. D’après la mise en valeur des coûts de production réalisée dans le cadre du projet, l’affouragement au pâturage revient à 15 francs/100 kg MS, la distribution d’herbe à la crèche revient à 31 francs et tous les fourrages conservés sont plus chers. Le lait à base d’herbe présente également un potentiel commercial intéressant.

 

Pas de gagnant
Entre 2014 et 2016, 37 exploitations pilotes ainsi que le domaine du BBZN Hohenrain ont participé au projet. Trois systèmes étaient représentés:
–    La pâture intégrale avec en moyenne 90 kg de concentrés par vache et par année (92% d’herbe dans la ration);
–    La pâture en complément d’herbe distribuée à la crèche avec en moyenne 420 kg de concentrés (74% d’herbe dans la ration);

–    La pâture en complément d’herbe distribuée à la crèche avec en moyenne 1160 kg de concentrés (61% d’herbe dans la ration).

 

De nombreux paramètres ont été calculés: le temps de travail, la production de lait et ses teneurs, la fertilité et la santé des animaux, l’organisation du travail, la rentabilité. Il est dès lors impossible de donner un compte rendu précis des résultats. De manière plus globale, le projet a conclu qu’il n’y a pas un système meilleur que l’autre. Certes, les exploitations avec pâture intégrale ont produit moins de lait, mais avec un meilleur taux d’autoapprovisionnement pour l’alimentation des vaches. Chaque système et chaque exploitation présentent des forces et des contraintes.

 

Au sein d’un même système, une grande variabilité a également été observée entre les exploitations. A ce niveau, une gestion de l’exploitation axée sur la maîtrise des coûts de production et l’efficacité est déterminante. Une bonne gestion peut permettre d’augmenter la compétitivité des exploitations basées sur l’herbe en abaissant le coût de production du lait d’un quart à un tiers.

 

Au cours de la journée, deux exploitants pratiquant pâture intégrale ou distribution d’herbe à la crèche ont été invités à témoigner et à livrer leurs expériences en matière d’affouragement basé sur l’herbe (voir ci-dessous).

 

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LA PLANIFICATION EST INDISPENSABLE

Bernard Schwab, exploitant à Kallnach (BE), possède une vingtaine de laitières sur son exploitation de 20 hectares et produit 145 000 kg de lait.
Pour nourrir son bétail, l’éleveur mise sur 4 hectares de prairies artificielles qu’il met en place pour deux années ainsi que sur 4 hectares de dérobées, semées après blé d’automne et avant maïs, betterave sucrière, respectivement prairie artificielle.


L’éleveur  a opté pour la distribution d’herbe fraîche à la crèche plutôt que pour la pâture parce que son exploitation, située dans le village, ne dispose pas de surfaces appropriées pour la pâture. Le Bernois précise par ailleurs bien aimer aller à l’herbe. Les vaches profitent de quelques parcelles de pâture «récréative».


Selon lui, l’herbe présente plusieurs avantages par rapport aux fourrages conservés. Il n’y a pas de pertes de conservation. Il n’y a pas non plus besoin d’espace de stockage, un avantage en zone de village, lorsque la place manque dans les bâtiments. En revanche, le travail est plus tributaire de la météo et la flexibilité est réduite: devant chaque jour aller à l’herbe, l’éleveur est moins disponible pour les pics de travail.


Pour atteindre une qualité d’herbe optimale et homogène dans ce système, Bernard Schwab mise avant tout sur une bonne planification des récoltes. Il débute la récolte rapidement au printemps. Les conserves pour l’hiver sont également réalisées à un stade précoce.

 

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PRESSION DE PÂTURAGE ÉLEVÉE

Hansjürg Fuhrimann, de Langenthal (BE), a lui opté pour la pâture intégrale sur son exploitation de 33,5 hectares. L’éleveur estime que ce système convient bien aux exploitations de taille moyenne et permet une bonne planification des autres travaux car la gestion du troupeau au quotidien est facilitée. La pâture améliore le bien-être des animaux et la qualité de vie de la famille du chef d’exploitation. En plus, l’image véhiculée au consommateur est positive. Chez cet éleveur, seul 1/3 de la ration annuelle est issue de fourrage conservé.


Ce système n’est pas pour autant sans contraintes. Il nécessite tout d’abord un parcellaire groupé. La mise-bas en été n’est pas possible. Hansjürg Fuhrimann pratique les vêlages saisonniers en novembre et janvier. Enfin, les vaches doivent composer avec la chaleur et les mouches en période estivale. Idéalement, la génétique des vaches devrait être adaptée à la pâture pour davantage d’efficacité.


Pour obtenir de bons résultats, l’éleveur sort les vaches tôt au printemps. Il pratique un système de pâture sur gazon court (4 à 6 cm de hauteur d’herbe). Pour assurer une bonne qualité de l’herbe et atteindre les 15 000 litres de production de lait par hectare, l’éleveur maintient une pression élevée: 18 ares par vache au printemps, lorsque la pousse de l’herbe est importante et jusqu’à 40 ares par vache à l’automne lorsque la pousse et la qualité sont moindre. De la sorte, il n’a pas de refus à gérer.

EF, 22 septembre 2017

 

 

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