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Un label pour la garde en groupe


La PSA a développé un label qui distingue les écuries pratiquant une garde en groupe de qualité. Reportage sur une exploitation vaudoise distinguée.


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La garde en groupe correspond davantage aux besoins naturels des chevaux que la garde en box individuel. Or, la plupart des chevaux sont encore détenus de cette manière. Surtout, en moyenne, les chevaux ne sont utilisés que 6,4 heures par semaine et passent donc l’essentiel de leur temps au box. La Protection suisse des animaux (PSA) préconise de détenir les chevaux en troupeau et de leur permettre un accès libre au pâturage. Pour promouvoir ce type de garde, elle a développé en 2011 un label accordé aux écuries pratiquant la détention en groupe. Actuellement, quelque 39 écuries ont reçu ce label en Suisse. Seules deux sont distinguées en Romandie.
 
De nombreux avantages
Cette forme de détention suscite en effet encore certaines peurs. Elle n’est pas non plus toute simple à gérer et demande des aménagements particuliers et une bonne connaissance des chevaux. Elle semble pourtant avoir de nombreux avantages. «Les propriétaires nous disent: oui, la garde en groupe, c’est génial, mais c’est pour les chevaux à la retraite. Je rectifie: la garde en groupe, c’est génial tout court!» s’exclame Sara Ghielmini Piot, cogérante avec Elena Pezzoli Piot d’une écurie pour chevaux labellisée située sur un domaine agricole à Thierrens (VD). Les deux femmes gèrent ensemble une trentaine de chevaux, dont vingt en pension. N’étant plus satisfaites de la garde en box d’un point de vue éthique et sanitaire (allergies), elles ont transformé leurs boxes il y a un peu plus de deux ans. Aujourd’hui, leur écurie propose un système de garde en groupe s’inspirant du concept du «Paddock Paradise» de l’Américain Jaime Jackson et arbore le label de la PSA pour chevaux.

A Thierrens, les chevaux bénéficient d’une aire de repos paillée et d’une aire stabilisée de 12'000 m2. Pour trouver les râteliers à foin et les points d’abreuvement, ils doivent effectuer un tour de piste d’un kilomètre, ce qui favorise leur mouvement. La piste, de 6 mètres de large, entoure le pré des vaches.

«Depuis qu’ils vivent en groupe, les chevaux se sont organisés en deux familles. C’est intéressant à observer, car les affinités ne sont pas toujours celles que l’on imaginait. En tout cas, on sent les bêtes bien dans leur tête», observe Elena Pezzoli Piot. L’écurie propose aussi une petite stabulation pour l’intégration des chevaux ainsi que des boxes de soin. Leur installation a pu être réalisée en zone équestre, ce qui a facilité les aménagements.
 
 
 
Une meilleure visibilité
«Lorsque la PSA est venue faire le contrôle pour l’obtention du label, nous étions un peu stressées. Au final, il n’y a eu que quelques adaptations minimes à réaliser. L’échange a été constructif et nous a rassurées sur les choix que nous avions faits», précise Sara Ghielmini Piot. Le label a également rassuré les pensionnaires par rapport à cette forme de garde encore peu répandue en Suisse. «Il y a eu des départs car les propriétaires craignaient les blessures ou redoutaient d’aller chercher leurs bêtes au milieu des autres. Le label, c’est le petit plus qui fait la différence. Il nous donne une visibilité et montre aux clients que ce que nous proposons est conforme aux normes», indiquent les deux femmes.

La transition s’est bien déroulée pour les chevaux qui n’ont pas montré d’agitation particulière. Tout au plus un peu de fatigue au départ, car il leur a fallu apprendre à gérer par eux-mêmes leur alimentation, leurs déplacements, leur relation aux autres, ce dont ils n’avaient pas l’habitude au box.

Pour les deux gérantes, la charge de travail n’a pas beaucoup changé. Les tâches, en revanche, sont différentes. Il y a davantage d’observation et beaucoup de questionnements sur les améliorations possibles. «Ça nous a remotivées. On est moins dans des automatismes, on s’intéresse de nouveau aux chevaux. On voit qu’ils sont heureux. Ce sont finalement eux qui nous prouvent que cette forme de détention leur convient», conclut Elena Pezzoli Piot.
Elise Frioud, 4 août 2017

Sur le web
www.protection-animaux.com/chevaux
Pour télécharger l’Agroscope Transfert n° 36: Alimentation, détention en groupe et contacts sociaux – les principaux défis de la garde de chevaux.
 
 
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DES DIRECTIVES STRICTES
Le label PSA pour les chevaux est accordé aux exploitations équestres qui respectent un certain nombre de critères. La détention en groupe est exigée en général et les chevaux doivent disposer d’un parcours accessible en permanence de 12 à 24 m2 selon la hauteur au garrot. La détention en box individuel est possible si un parcours de 16 à 24 m2, selon la hauteur au garrot, est accessible en permanence et si les sorties pour l’exercice physique en liberté ont lieu en groupe. La superficie des boxes est réglementée, de 10 à 14 m2 selon la hauteur au garrot.
 
Les chevaux doivent aller régulièrement au pré ou sur une aire de sortie tous temps: 26 jours par mois pendant la période de végétation, 13 jours par mois le reste du temps. La surface de parcours doit être d’au moins 150 m2 par animal. D’autres prescriptions règlent l’alimentation, la litière, le climat d’écurie, la largeur des passages, les clôtures, les soins ou encore l’intégration de nouveaux chevaux.
ÉF, 4 août 2017
 
 
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INTERVIEW
 
 
Sandra Schaefler
Responsable chevaux Protection suisse des animaux

> Comment jugez-vous le succès du label PSA?
Les directives du label sont très sévères, raison pour laquelle nous estimons que c’est déjà un succès que 39 écuries le portent à ce jour en Suisse. Leur nombre a doublé ces trois dernières années, ce qui nous réjouit.
 
> Sur les 39 écuries labellisées, seules deux sont romandes. Comment l’expliquez-vous?
Il est possible que le label soit moins connu en Suisse romande qu’en Suisse alémanique. Nous projetons actuellement d’écrire aux responsables d’écuries romandes susceptibles de porter le label, de façon ciblée. Nous sommes convaincus que les exploitations pratiquant une détention en groupe de qualité y sont également nombreuses.

> Y a-t-il des exploitations agricoles parmi vos membres labellisés?

Nous comptons en effet des exploitations agricoles parmi nos membres labellisés. C’est le cas par exemple de la ferme Rütihof, à Landquart, dans les Grisons. Nous voulons également convaincre davantage d’agriculteurs d’adhérer au label. En effet, ils ont souvent le terrain nécessaire et la possibilité de détenir des chevaux de manière conforme à l’espèce. Par ailleurs, le label permet de promouvoir la détention conforme à l’espèce dans les campagnes publicitaires.
Propos recueillis par Elise Frioud, 4 août 2017.

 

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