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La forêt genevoise, une ressource qui pourrait être mieux valorisée


La forêt genevoise privée peut offrir d’importantes prestations sociales et écologiques à la collectivité publique. Avec les enjeux du développement durable, les propriétaires cherchent aussi à améliorer l’économie sylvicole, dont la gestion est pour l’instant déficitaire.


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La forêt privée genevoise n’a pas encore livré tout son potentiel, loin s’en faut. La presque totalité du bois coupé aujourd’hui est destinée au bois de chauffe, alors même que le massif, principalement constitué de chênaies, pourrait fournir du bois d’œuvre à forte valeur ajoutée. Un manque à gagner considérable pour toute une filière, qui s’explique par des peuplements surexploités jusqu’à la Seconde Guerre mondiale puis délaissés depuis plusieurs décennies.

 
Relancer l’économie forestière
Face à ce constat, Fabien Wegmuller, président de l’association des propriétaires de forêts de Gy-Jussy-Presinge, l’une des quatre associations de propriétaires du canton, a décidé de réagir. «L’objectif principal aujourd’hui est de ramener une économie forestière à Genève», explique-t-il, bien conscient qu’une telle initiative s’inscrit dans le long terme. «Nous avons une ressource magnifique, mais qui nécessite de l’entretien et dont les premiers résultats ne se verront que dans une quarantaine d’années. Ce que nous disons aux propriétaires, c’est que les travaux effectués aujourd’hui ne seront pas pour eux, mais pour la génération suivante. Cela introduit aussi une notion de transmission de patrimoine. L’échelle de temps de la forêt n’a rien à voir avec celle du quotidien.»

Chaque année, ce sont 6 m3 de bois qui poussent en moyenne par hectare. «Si l’on passe tous les dix ans et que l’on exploite 60 m3 de bois, on ne fait que prélever l’accroissement. Le capital reste intact. Comme les forêts actuelles sont assez denses, on peut même toucher un peu au capital pour avoir des forêts plus ouvertes et plus intéressantes en termes de biodiversité. Ces travaux forestiers suivent un plan de gestion qui reste à élaborer chez les privés et qui doit être garanti par l’Etat. C’est ce plan qui définit le type et l’intensité des interventions dans les peuplements», dit Philippe Poget, ingénieur forestier et secrétaire exécutif des quatre associations.
 
Mise en place d’une interprofession
L’Etat de Genève, qui détient la moitié des 3000 hectares de forêt du canton, a déjà entamé une démarche pour valoriser son propre bois. Tel n’est pas encore le cas du secteur privé, dont l’un des objectifs prioritaires est de mettre en place une interprofession. Pour l’heure, ses acteurs (propriétaires, forestiers, agriculteurs, transformateurs, vendeurs) ne disposent pas de vision commune portée sur l’avenir de l’économie forestière genevoise. «Il nous faut une interprofession qui rassemble tous les acteurs autour d’une table afin de définir ensemble les besoins de la filière et les types de produits à développer», insiste Fabien Wegmuller.

Dans le même ordre d’idée, ce dernier plaide également pour la création d’une faîtière qui réunirait les quatre associations de propriétaires et deviendrait ainsi le seul référent de l’Etat. «L’objectif est que la faîtière maîtrise dans un avenir proche l’intégralité de la filière de production du bois, de la forêt à la vente aux transformateurs. Elle aura pour but d’effectuer des travaux d’entretien, de promouvoir l’utilisation du bois, de communiquer et d’effectuer un rôle de lobby pour l’économie forestière et les propriétaires», précise-t-il.
 
Valorisation par le label GRTA
Parallèlement à ces étapes importantes, la création d’un label bois GRTA (Genève Région – Terre Avenir) demeure l’un des principaux leviers de valorisation. Il pourra s’appliquer au bois de construction, aux bûches et aux plaquettes forestières. Un enjeu qui s’inscrit dans la politique de développement durable du canton. Les démarches d’enregistrement sont en cours et devraient aboutir avant la fin de l’année. «La demande en bois genevois existe, que ce soit pour des surélévations, du mobilier urbain (notamment dans les communes) ou pour des constructions plus emblématiques comme le projet de la Tour de Satigny, qui doit remplacer un château d’eau désaffecté. On commence, avec l’accroissement des arbres, à valoriser du bois sous forme de sciages, même si les quantités demeurent encore faibles par rapport à la demande générale de l’industrie de transformation. Avec l’entretien des forêts, on arrivera progressivement à fournir davantage de bois de qualité», dit Philippe Poget.

«Le GRTA va permettre de garantir la provenance du bois et ainsi de promouvoir l’entretien des forêts genevoises», ajoute Fabien Wegmuller. «Les agriculteurs du canton sont souvent proches de la forêt, cela pourrait procurer un revenu complémentaire pour ceux qui seraient intéressés à entretenir les massifs. La majorité des travaux forestiers restera cependant l’affaire des entreprises forestières, qui possèdent les équipements et la formation indispensables.»
Alain-Xavier Wurst, 11 août 2017
 
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EN CHIFFRES
3000 hectares environ (1/8 du territoire), répartis de façon très morcelée, dont 1400 ha de forêts en mains privées, 100 ha appartenant aux communes, et les 1500 hectares restants à l’Etat.

93% des essences rencontrées sont des feuillus (60% de chênes, 9%de frênes, 7% de charmes et 17% d’autres feuillus: hêtre, érable, tilleul, merisier, robinier, aulne) et 7% des résineux (3% de pins et 4% d’autres résineux).

212 mètres cubes à l’hectare de volume moyen sur pied (données de l’inventaire de 2004).
AXW, 11 août 2017
 
 

 

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