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Le chargement mécanique des poulets respecte le bien-être des animaux


Recourir à une machine pour vider une halle d’engraissement de poulets peut se faire sans nuire au bien-être animal. En diminuant la main-d’œuvre nécessaire, cela allège aussi l’organisation du chargement.


poulets


La campagne fribourgeoise est plongée dans la dense obscurité d’une nuit d’automne. Le soleil est couché depuis plus de trois heures et la lune est absente. A Guin, près du poulailler exploité par Lukas Hayoz, les projecteurs de deux tracteurs dansent une drôle de ronde à l’arrière de deux camions. Le chargement des quelque 10 500 poulets a déjà débuté.

A l’intérieur pourtant, il n’y a pas foule: juste trois personnes et une machine. Ce qui frappe, c’est le calme qui règne. Les poulets restent tranquillement couchés et ne bougent pas devant l’engin métallique de 5 tonnes, monté sur des chenilles: une Aurora 6SX M3, développée par l’entreprise italienne Giemme. Elle avance par à-coups. A l’avant, un premier tapis roulant, à ras la litière, emporte les poulets sur une largeur de 6 mètres et les monte vers un second tapis, qui les dirige vers le centre de la machine. La plupart d’entre eux n’esquissent pas le moindre mouvement, comme s’ils refusaient de se réveiller. D’autres se retournent. Parfois, un battement d’ailes vient rappeler que la «marchandise» est bel et bien vivante. Les poulets sont ensuite conduits par un dernier tapis roulant pour finir directement dans l’un des tiroirs des caisses de chargement utilisées par l’entreprise Frifag Märwil SA.

Rapport positif de l’OSAV
Pour se rendre compte du fonctionnement de cette machine et de l’impact qu’elle peut avoir sur le bien-être des poulets, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a assisté au vidage d’un poulailler, il y a de cela deux ans. «Ce procédé de chargement n’entraîne aucun problème en ce qui concerne la protection des animaux», indique le rapport d’observation de l’OSAV. «Il pourrait même représenter un avantage par rapport au chargement manuel», conclut le document!

Responsable de la Santé animale chez Frifag Märwil SA, le vétérinaire Franz Renggli estime quant à lui qu’il n’y a pas de différence fondamentale entre les deux méthodes de chargement: «Par principe, la technique et les animaux se supportent mal. Une machine ne peut pas être plus respectueuse des poulets qu’un humain. Cela dépend avant tout du niveau de formation et de la conscience professionnelle des gens. C’est valable autant pour l’utilisateur de la machine que pour ceux qui ramassent manuellement les poulets». Le vétérinaire tient le même discours quand il est interrogé sur les risques sanitaires lors d’un chargement intermédiaire: «C’est à l’exploitant que revient la responsabilité de n’engager que des personnes consciencieuses et formées pour charger ses poulets. C’est valable autant pour le ramassage mécanisé que pour le manuel».

Peu de main-d’œuvre

La machine à l’œuvre chez Lukas Hayoz appartient à Brauen Sàrl, une entreprise de travaux agricoles seelandaise. Deux employés de la société sont chargés de faire fonctionner la machine. «Il y en a un qui est responsable de régler la vitesse ainsi que la hauteur du ramassage. Il doit faire en sorte que tout se passe bien», explique Ueli Brauen, patron de l’entreprise. Le second doit veiller au remplissage des caisses. Il doit notamment faire en sorte qu’il y ait 34 poulets par tiroir. Pour minimiser le stress durant le transport, il faut en effet que les caisses soient bien pleines, sans pour autant dépasser la limite légale de 75 kilos de poids vif par tiroir.

L’exploitant doit aussi fournir de la main-d’œuvre pour épauler ces deux personnes. Il faut deux bras supplémentai­res au remplissage des caisses, plus deux chauffeurs pour les tracteurs ou chargeurs qui apportent les caisses vides et chargent les caisses pleines sur les camions.

Le temps de chargement est comparable à celui pour le chargement manuel: environ deux heures pour la halle de Lukas Hayoz. Mais au lieu de seize personnes, l’exploitation ne doit maintenant en plus fournir que trois. Brauen Sàrl facture son service 8 à 10 centimes par poulets. «Les coûts sont les mêmes quel que soit le mode de chargement», indique l’aviculteur. «Mais c’est surtout plus facile à organiser. Avant, quand il y avait un changement de date pour vider la halle, ça me prenait beaucoup de temps de téléphoner à tout le monde.»

Un minimum de préparation

Pour que le chargement se passe dans les meilleures conditions, l’exploitant doit veiller à ce que la litière soit bien plate et régulière. Avant l’arrivée de la machine, il doit aussi sortir le fumier sur quelques mètres à l’entrée de la halle, afin que la manutention des caisses se fasse dans la propreté. Les poulets doi­vent en outre être rassemblés au milieu de la halle.

Lukas Hayoz se dit très satisfait: «Je n’envisage plus de charger manuellement mes poulets».
Vincent Gremaud, 20 octobre 2017

Sur le web
www.brauengmbh.ch

www.gallolog.ch

 

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